Parce qu’elle a d’abord reçu une formation à l’Université de Montréal et à Lausanne en architecture, qu’elle travaille dans ce domaine auprès d’agences, participant à divers projets depuis plusieurs années, Anick La Bissonnière envisage la scène de théâtre non pas comme le réceptacle d’un simple décor, mais bien comme un espace à investir et à construire, qui devient un élément hautement signifiant dans la représentation. Depuis 1993, elle a conçu les scénographies de plus d’une quarantaine de spectacles, en travaillant entre autres, auprès d’Anne-Marie Théroux (Tsuru, Carbone 14/Théâtre en l’air, 1999), André Brassard (Les mains d’Edwidge au moment de la naissance, Théâtre d’Aujourd’hui, 1999), Gilles Maheu (Silences et cris, Carbone 14, 2001), Robert Dion (Moi, moi, moi, DynamO, 2002) ou encore Denise Guilbault, Michel Lemieux et Victor Pilon (La tempête, TNM/4dArt, 2004). Elle a aussi collaboré à de nombreux spectacles d’Omnibus en créant notamment les scénographies du Précepteur (1994) et de la Baronne et la truie (1998). Elle forme, de plus, avec Brigitte Haentjens, depuis 1999, un tandem de création qui a offert des spectacles témoignant d’une grande complicité artistique. De Marie Stuart (TNM, 1999) à Vivre (Sibyllines, 2007), en passant par les magnifiques Mademoiselle Julie (Espace GO, 2001), Hamlet-machine (Sibyllines, 2001), L’Éden Cinéma (Sibyllines, 2003), Farces conjugales (TRV, 2003), Médée-Matériau (Sibyllines, 2004), La cloche de verre (Quat’Sous/Sibyllines, 2004), Blasté (Sibyllines, 2008) et Woyzeck (Sibyllines, 2009) et Douleur exquise (Quat’sous/Sibyllines, 2010), elle impose sa signature singulière et forge pour les textes auxquels s’intéresse Haentjens des univers scéniques aux lignes pures, dépouillés et immaculés, qui intègrent des surfaces translucides et où la lumière souvent crue découpe et construit les espaces dans lesquels évoluent les acteurs. Depuis 2003, elle donnait des cours à la maîtrise en architecture à l’UdM avant d’être nommée à l’École supérieure de théâtre de l’UQÀM. Après avoir été retenue parmi les finalistes du prestigieux prix Siminovitch en 2006 et en 2009, elle s’est vue honorée parmi l’élite mondiale à la Quadriennale de Prague. [Adapté d’un texte signé Hélène Jacques, extrait du Dictionnaire des artistes québécois.] (mise à jour: 2011-04-06, crédit photo: Jean-François Denis)











