Une chambre d’hôpital, une mère qui s’éteint, une fille qui la veille. Mais y sommes-nous vraiment ? Ne sommes-nous pas plutôt en un lieu indistinct, au cœur du crépuscule, où choses et ombres ne font qu’un ? Car rien ne semble tangible dans cette pièce où l’on passe du présent au passé, de la réalité au rêve puis, du rêve au cauchemar. Avançant lentement sur les eaux sombres des rapports mère-fille, Ma mère chien nous énonce à quel point les liens du sang, que l’on sait parfois difficiles, s’avèrent également intangibles, ambiguës et obscurs. Où vont donc les vivants quand leurs proches s’avancent vers la mort ? Au plein centre de leurs craintes et de leurs souvenirs enfouis. Louise Bombardier nous propose ainsi un voyage aux confins de la vie, à l’orée de la mort, où la parole et les gestes se mélangent en une étrange fiction, qui est peut-être réelle.
Ma mère chien
Louise Bombardier
une création du Théâtre d’Aujourd’hui
Salle principale
du 13 septembre au 8 octobre 2005
en supplémentaire le 9 octobre 2005
Création
-
texte Louise Bombardier
-
mise en scène Wajdi Mouawad
-
assistance à la mise en scène et régie Alain Roy
-
scénographie et accessoires Guillaume Lord
-
costumes Isabelle Larivière
-
éclairages Éric Champoux
-
conception sonore et régie de son en salle Christelle Franca
-
maquillage et coiffures Angelo Barsetti
En savoir plus
Langue maternelle
Christian Saint-Pierre, Voir, 15 septembre 2005
Dans l’oeil de la mort
Le Devoir, 10 septembre 2005
Extraits de critiques
« Il n’y a pas un moment où on doute de ce qu’on nous propose, on est totalement embarqué, on est vraiment pris au cœur par cette histoire et on n’en sort pas tout à fait indemne… »
Catherine Perrin, C’est bien meilleur le matin, SRC
« Ma mère chien montre cette force mystérieuse, souterraine, qui régit souvent les rapporte mère-fille, comme elle montre la mort. Implacablement. »
Anne-Marie Cloutier, La Presse
« Louise Bombardier livre avec Ma mère chien une pièce pleine de remous, audacieuse et excessive. »
J.P. Angers, Métro
« C’est une pièce exigeante, une pièce crue, une pièce violente, mais qui regarde en pleine face le sujet dont elle traite. »
André Ducharme, Desautels, SRC
« Ça vaut effectivement le détour. »
Jacques Bertrand et Louise Forestier, Je l’ai vu à la radio, SRC
Mot de l'auteure
Les trente-six dernières heures de la mort annoncée d’une mère. Mère problématique, emblématique, mythologique.
Sa fille veille, dort et rêve à son chevet. On repousse la mort pour attendre la cadette qui vient de l’étranger.
Les dérives de cette agonie, prolongées en constellations oniriques.
Les Mémoires du Corps. Éros et Thanatos, décadenassées.
Une fille une sœur une mère descendent aux Enfers de l’Intimité éclatée pour remonter à la pointe du triangle d’or à l’entrée du Mystère incandescent de la Mort. Gospel. Jubilation noire.
Louise Bombardier
Mot du metteur en scène
Depuis la nuit des temps, la mort a hanté passionnément l’esprit des êtres. Cette hantise est source de nos rêves. Le rêve, seul, nous permet de poursuivre un chemin auquel la réalité ne peut pas accéder. Vivre une odyssée, un retour chez soi, par le moyen des songes, pour apporter à notre existence, non pas un sens, mais un semblant de cohérence. Ma mère chien, à travers ce lien brûlant entre mère qui meurt et fille écrivaine, trace une ligne organique entre le monde du rêve et de la réalité en donnant, pour une fois, la part belle au rêve.
Mettre en scène la parole d’une autre en étant soi-même auteur est un jeu schizophrénique des plus salutaires. Je est un autre. Ce fut un vertige joyeux et furieux comme un cheval au galop de devenir, pour un temps, Louise Bombardier. Pour cela, je l’en remercie du fond de mon âme.
Wajdi Mouawad
Biographies
-
Louise Bombardier
texte
Originaire des Cantons de l’Est, où elle s’implique dans le théâtre dès 1969 en tant que comédienne, Louise Bombardier entreprend des études en Lettres puis en interprétation à l’Option Théâtre du Cégep de St-Hyacinthe. On a pu la voir dans une quarantaine de pièces dont Billy Strauss, Les amis, La salle des loisirs (nomination pour le Masque de la meilleure interprétation féminine), Tout va pour le mieux (nomination pour le Masque du meilleur rôle de soutien), Bain public, Je suis à toi, Les années, Pour adultes seulement, Le cours des choses, Le petit Kôchel et Les reines. Elle participe également à de nombreuses séries télévisées, dont Roxy, Bob Gratton, Les Bougon, Les Invincibles, Virginie, Les poupées russes, Bunker, 4 1/2, La vie La vie, Delirium, Avec un grand A. Parallèlement, Louise Bombardier mène une carrière d’auteure et signe de nombreuses pièces (montées par de nombreuses compagnies théâtrales dont le Théâtre du Sang Neuf, le Gyroscope et le Théâtre Petit à Petit, et toutes éditées chez Lanctôt Éditeur) : Le cas rare de Carat, Dis-moi doux, Hippopotamie, Conte de Jeanne-Marc, La cité des loups, Contes-gouttes, Pension vaudou, Le champ, Ma mère chien et plusieurs autres. Elle est jouée en France, au Canada anglais et au Mexique. Louise Bombardier a aussi écrit des dramatiques pour Radio-Canada, des émissions jeunesse pour la télévision, deux courts-métrages pour le cinéma et est également l’auteure de Flambant noir un recueil de nouvelles. Auteure de l’album Petits fantômes mélancoliques, contes autistes, le texte donne lieu, en septembre 2007, à un spectacle créé au Festival international de littérature, qui est repris par la suite sous l’égide de Pigeons international. Elle est également co-auteure de Contes urbains, chez Moebius, d’Histoires de pères, aux 400 coups et de Bancs publics, chez Lanctôt Éditeur. (mise à jour: 2010-05-06)
-
Wajdi Mouawad
mise en scène
Auteur, acteur et metteur en scène, Wajdi Mouawad obtient son diplôme de l’École nationale de théâtre du Canada en 1991. De 1990 à 1999, il codirige, avec Isabelle Leblanc, la compagnie Théâtre Ô Parleur. De 2000 à 2004, il tient la barre du Théâtre de Quat’Sous à Montréal. En 2005, il fonde au Québec, avec Emmanuel Schwartz, Abé carré cé carré et en France, Au carré de l’hypoténuse, deux compagnies de création vouées à se répondre d’une rive à l’autre de l’Atlantique. Depuis septembre 2007, il est directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts, à Ottawa. En plus de mettre en scène ses propres textes – Littoral, Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, Rêves, Ce n’est pas la manière qu’on se l’imagine que Claude et Jacqueline se sont rencontrés (coécrit avec Estelle Clareton), Incendies et Forêts – il a assuré la mise en scène de Al Malja et L’exil de Najil Mouawad, Macbeth de Shakespeare, Tu ne violeras pas d’Edna Mazia, Trainspotting d’Irvine Welsh, Oedipe roi de Sophocle, Disco pigs de Enda Walsh, Les Troyennes d’Euripide, Lulu le chant souterrain de Frank Wedekind, Reading Hebron de Jason Sherman, Le mouton et la baleine de Ahmed Ghazali, Six personnages en quête d’auteur de Pirandello, Manuscrit trouvé à Saragosse, un opéra de José Evangelista sur un texte d’Alexis Nouss et Les trois sœurs de Tchekhov. Sur les planches du Théâtre d’Aujourd’hui, on a pu voir sa mise en scène de Ma mère chien de Louise Bombardier en 2005, une adaptation théâtrale de son roman Visage retrouvé, signée Marie-Louise Leblanc et lui-même et mise en scène par Marcel Pomerlo en 2006 et Seuls qu’il avait écrit, mise en scène et interprété en 2009. Son quatuor Le Sang des promesses (composé de Littoral, Incendies, Forêts et Ciels) a été créé en juillet 2009 au 63e Festival d’Avignon, dont il était l’artiste associé. Wajdi Mouawad est également artiste associé à l’Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie. (mise à jour: 2010-04-19)
-
Robert Lalonde
interprétation
Auteur prolifique, acteur, metteur en scène et pédagogue, Robert Lalonde a également assumé la direction artistique du Théâtre d’Aujourd’hui (1987-1988) et celle du Théâtre de Quat’Sous (1996-1997). Un homme de mots, de théâtre et d’action. Acteur incontournable de la dramaturgie québécoise, il est au cœur des plus grandes aventures théâtrales de notre histoire, telles Les oranges sont vertes, La charge de l’orignal épormyable, HA! ha!, Le syndrome de Cézanne, Being at home with Claude et Les guerriers, pour ne nommer que celles-là. Récemment vu sur nos scènes dans Marie Stuart (Théâtre du Rideau Vert), La leçon d’histoire (compagnie Jean Duceppe), Ma mère chien et Bob (Théâtre d’Aujourd’hui). Récompensé à l’occasion de la reprise de la pièce Les feluettes (Espace Go) – Masque de la meilleure interprétation masculine en 2004. Au cinéma, il a joué dans Mémoires affectives, Elles étaient cinq, Un homme et son péché, Shake Hands With The Devil et Sans elle. On a pu le voir à la télévision dans Rivière des Jérémie, Les héritiers Duval, Cormoran, Le gentleman. Romancier, Robert Lalonde a écrit plusieurs ouvrages dont plusieurs ont été couronnés de prix. Parmi ses plus récentes publications, évoquons Espèces en voie de disparition, Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure?, Un cœur rouge dans la glace et plus récemment Le seul instant, aux Éditions Boréal. Plusieurs de ses romans ont été traduits en anglais, en espagnol et en roumain. Il a lui-même traduit, entre autres, le roman La mémoire en fuite (1998) et L’abdication, dont il a aussi signé l’adaptation théâtrale pour le Théâtre de Quat’Sous. Sa pièce Monsieur Bovary a été créée au TNM en 2003. (mise à jour: 2011-04-06)
-
Isabelle Larivière
costumes
Isabelle Larivière est costumière et scénographe. Elle collabore également depuis plusieurs années avec Wajdi Mouawad et signe les costumes de plusieurs de ses mises en scène : Six personnages en quête d’auteur de Pirandello (2001), Les Troyennes d’Euripide (Le Trident, 1999), Les trois sœurs de Tchekhov (2002), Ma mère chien de Louise Bombardier (2005), Incendies (2003) et plus récemment Forêts (2006). (mise à jour: 2010-05-04)
-
Éric Champoux
éclairages
En 1997, tout droit sorti de l’École nationale de théâtre de Montréal, il rencontre Wajdi Mouawad pour qui il créera les éclairages de nombreux de ses spectacles (Incendies, Forêts, Seuls, Temps ainsi que Ma mère chien et Les trois sœurs). Il travaille également, toujours comme concepteur d’éclairage, avec Alice Ronfard (Désordre public, L’avare), Yves Desgagnés (Le songe d’une nuit d’été, Les joyeuses commères de Windsor), Claude Poissant (Le traitement) ainsi que Marie Gignac (Leçon d’anatomie). Il signe aussi une première collaboration avec le Cirque du Soleil, en créant les lumières du spectacle sous chapiteau, OVO. Il est également artiste-peintre ; dans son travail les médiums se rencontrent et se mélangent. (mise à jour: 2012-04-26)
Ma mère chien est une création du Théâtre d’Aujourd’hui.
Crédits photos : Photo(s) de production : Yves Renaud / Louise Bombardier : Marc Dussault / Wajdi Mouawad : Neil Mota / Patricia Nolin : Emmanuelle Girard / Robert Lalonde : Dominique Thibodeau / Markita Boies : Angelo Barsetti / Julie Vincent : Monic Richard



















