Un conteur vient relater au public l’épopée de son héros d’enfance, Roland, un vrai chevalier, un héros historique. Son compagnon de scène n’accorde toutefois pas la même crédibilité à ce récit cruel, et il ne se gênera pas pour le dire. Ensemble – par le théâtre, les marionnettes et les jeux d’ombres – ils échaffaudent cette histoire sous nos yeux… tout en se faisant prendre au piège de leur dualité. Avec une bonne dose d’humour, mais sans complaisance, le spectacle questionne notre perception ethnocentriste du monde et notre foi aveugle en l’Histoire officielle, celle des gagnants.
La chanson de Roland est un long poème rédigé en France au XIIe siècle, la plus ancienne œuvre de fiction de langue française que nous possédions, et l’un des chefs-d’œuvre de la littérature épique médiévale. Le texte relate la bataille de Roncevaux, trois siècles plus tôt, au cours de laquelle les meilleurs chevaliers de l’empereur Charlemagne, hérauts de la chrétienté, subirent la défaite aux mains des Sarrasins d’Espagne. Il se termine par la terrible vengeance chrétienne sur les païens. Cette haletante histoire de chevaliers cache une œuvre de propagande exhortant les Chrétiens de l’époque à appuyer les Croisades.


















