Caravansérail

de Robert Claing

une création du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 15 septembre au 10 octobre 2009


PARTAGER
CETTE PAGE

RÉSUMÉ

Au cœur d’une journée caniculaire dans une France qui a bercé leur amour du vin et de la fête, deux Québécois désenchantés ayant atteint le mitan de leur vie, décident de fourbir les lances du désir et de la fougue, de mettre les compteurs à zéro et de tout recommencer. C’est le début du voyage de l’amitié quand on a passé la cinquantaine. Une amitié faite de campagne, de jardin, de souvenirs et de confidences, d’exaltation et de folie. Ces deux hommes cherchent le sens à donner à la vie, rien de moins. La réponse se trouve dans le désert qu’ils traversent à dos de dromadaire en buvant un rosé de Provence.

texte Robert Claing mise en scène Robert Bellefeuille interprétation Benoît Dagenais, Paul Savoie assistance à la mise en scène et régie Audrey Lamontagne scénographie Jean Bard costumes Linda Brunelle éclairages Erwann Bernard musique originale Louise Beaudoin

texte

Robert Claing

mise en scène

Robert Bellefeuille

interprétation

Benoît Dagenais

interprétation

Paul Savoie

En tout premier lieu, l’amitié.
La pièce, Caravansérail, a été écrite pour mes amis, Benoît Dagenais et Paul Savoie. Je voulais leur faire plaisir. Ils m’avaient demandé de leur écrire une pièce pour jouer ensemble, comme jadis dans une pièce de Tchekhov. Quel risque ils prenaient! Et moi donc…
Caravansérail se présente alors comme un défi : défi d’écriture pour l’auteur, défi de jeu pour Benoît Dagenais et Paul Savoie. Trois amis se sont lancés dans l’histoire d’une rencontre entre deux hommes, Paul et Benoît, un peu comme on se jette à l’eau, sans savoir ce qui arriverait.
C’est l’histoire de deux hommes, deux Québécois un peu désoeuvrés, accablés par la chaleur à Paris, en pleine canicule, comme celle de 2003 qui avait tué tant de gens. Deux hommes lassés, fatigués de leur vie, en rupture de ban. Et très vite, ils vont décider de refaire le monde, de repartir de zéro, de s’inventer une nouvelle vie. Si on pouvait ainsi changer sa vie, comme ça, sur un coup de dé ou un coup de tête, comme ce serait bien!
J’avais en tête, depuis le début, une histoire en quatre lieux : Paris, la campagne québécoise, la maison, la montagne. C’était pour moi un voyage : partir du lointain, remonter vers la source de l’identité, entrer dans la maison comme on entre en soi, grimper sur la montagne magique, mystérieuse, grouillante de toutes les fermentations.
Caravansérail, c’est une halte pour les chameaux, une oasis pour les assoiffés de la vie. Caravansérail, c’est, pour moi, un voyage initiatique dans la quête du sens. Quel sens? À quoi sert la vie? À quoi sert ma vie?
J’ai voulu, très humblement, donner une réponse à ces questions angoissantes. J’ai voulu donner du sens à une époque qui ne croit plus en rien, un monde insensé.
Je voulais faire plaisir à mes amis et qu’ils soient heureux de se retrouver encore une fois sur scène.

Robert Claing

Avec Caravansérail, j’ai eu le très grand privilège de vivre une expérience…unique et exceptionnelle.
Unique, parce qu’un jour, je me suis retrouvé assis devant Paul Savoie et Benoît Dagenais qui me demandaient de les mettre en scène… dans une pièce écrite pour eux… par leur ami Robert Claing. C’était le monde à l’envers…ils m’avaient choisi…tout simplement et ensemble nous allions créer ce nouveau texte, une œuvre singulière, avec une langue jouissive et une théâtralité débordante. J’étais à la fois fasciné et effrayé.
À la lecture du texte, j’ai tout de suite été séduit par cette parole portée par une génération d’hommes. Une parole que nous n’entendons pas souvent, celle qui parle du chemin parcouru et de celui qui reste à parcourir, qui ose poser des questions, qui tente de panser les blessures non guéries…et tout cela sans pudeur et sans compromis. Une parole portée par une multitude de mots qui éclaboussent, qui percutent, qui résonnent au cœur de ces deux personnages. Deux hommes, deux personnages à la fois forts et fragiles, aux accents tchekhoviens, qui tentent de dissimuler leurs tumultes intérieurs qui grondent… comme si la terre sous eux allait éclater. Deux hommes, deux acteurs : Paul Savoie, l’acteur qui joue Paul le personnage et Benoît Dagenais, l’acteur qui joue Benoît le personnage…Qu’est-ce qui est vrai? Qu’est-ce qui est faux? C’est sans importance! Ce qui est important, c’est l’habileté à tisser la fiction et la vraie vie dans un propos percutant et sensible. Deux hommes, deux amis qui se retrouvent pour la première fois sur scène ensemble et oh! quel plaisir de les voir s’abandonner dans les méandres lumineux et sombres de cette histoire!
Exceptionnelle, parce qu’en plus de travailler avec ces deux acteurs chevronnés et généreux…je me suis retrouvé à parler, à discuter, à échanger sur la vie, sur notre métier, sa nécessité, son envoûtement, et sur plein de petites anecdotes intimes, drôles et anodines…tout en sirotant un bon rosé.
À vous qui m’avez accompagné depuis longtemps, Robert, Paul, Benoît et Audrey, Marie-Thérèse et son équipe, mes fidèles concepteurs, à vous tous, je vous dis merci et je salue votre talent, votre générosité, votre foi incontournable et votre entêtement amoureux. Que le théâtre soit toujours un lieu de rêves et de questionnement, d’utopies et de bouleversement! Parce qu’où irions-nous sans rêves, sans utopies?
Bonne soirée!

Robert Bellefeuille

P.S. En travaillant sur mon mot, je me suis souvenu d’un texte que Jean-Pierre Ronfard (un grand ami de Paul et Robert) avait écrit…et qu’étrangement il aurait pu écrire pour Caravansérail…
« Une œuvre d’art … nous amène à considérer la scène comme le lieu sacré du mensonge, … Ce n’est pas vrai et pourtant c’est réel. On ne peut pas y croire et pourtant quand les choses arrivent, on y croit. On prend plaisir à y croire. Mieux! Dans le même temps où l’on y croit on prend plaisir à reconnaître l’habileté, l’efficacité dans le mensonge de l’interprète ou des artifices théâtraux qui nous y font croire. Plaisir étrange du spectateur qui, toujours averti du quiproquo, s’empresse d’abandonner les sécurités du rationnel pour donner foi à l’incroyable. Et pourquoi? Parce que ça se passe là. Devant lui, comme pour vrai, dans cet espace et ce temps partagés que propose la rencontre théâtrale. … »

« Riche de son influence littéraire, poétique mais jamais artificielle, l’écriture de Claing nous séduit et nous déroute. … Tout passe par les deux comédiens. Par leur présence, leur métier, leur justesse, leur complicité.»
Luc Boulanger, Le Devoir

« Préparez-vous à quelques grands moments de petits plaisirs intenses.»
Michel Bélair, Le Devoir

« Cette pièce est un vrai bijou. »
Benoît Aubin, Le Journal de Montréal

« Le jeu est incarné, vibrant, sensible, sobrement évocateur, et cette façon de porter le texte dans toutes ses ironies (sur le théâtre, entre autres) et dans toutes ses tendresses complices dépasse complètement le cadre du simple travail théâtral bien fait.»
Yves Rousseau, Le Quatrième

« Robert Bellefeuille réussit avec brio à rendre compte de l’émotion à son état le plus pur, et dans sa forme la plus dénudée, naturelle, humaine.»
Véronique Martel, Le Délit

Vidéo

Créer Caravansérail / épisodes 1, 2 et 3

Vidéo

Capsule vidéo pour Caravansérail

Vidéo

Capsule vidéo pour Caravansérail 2

DURÉE

1 h 25 sans entracte

PUBLICATION

Caravansérail
Claing, Robert Dramaturges Éditeurs
12,00$
Disponible à la bouquinerie

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui