Selfie

d'un collectif d'auteurs

une création de L’Homme allumette, en résidence à la salle Jean-Claude-Germain, en collaboration avec Mayday

Salle Jean-Claude-Germain

du 28 avril au 16 mai 2015


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RÉSUMÉ

Sur scène, deux hommes et deux femmes. Ils sont les cobayes de leurs questionnements. Ils se servent de leur corps, de leur image et de leurs envies pour imaginer ce qu’ils pourraient être dans un futur proche. Entre histoire de l’art et anticipation, Selfie s’applique à disséquer cette envie étrange qu’ils ont de se contempler eux-mêmes, ce besoin séculaire de jouir de leur propre image immergée dans le plaisir. Dans une suite de tableaux où s’entrelacent autofiction et conférence, ils décortiquent l’état du regard. Ils parlent du musée secret de Naples, des actrices nues, des autoportraits d’Egon Schiele, des clones, des caméscopes, du paradoxe des sirènes, d’opérations, de chair, d’autosatisfaction, mais surtout de nous.

mise en scène et interprétation Philippe Cyr collaboration à la mise en scène Mélanie Demers texte Sarah Berthiaume interprétation Christine Beaulieu, Frédéric Lavallée, Édith Patenaude assistance à la mise en scène Gabrielle Dumont Dufresne co-scénographie et éclairages Marie-Eve Pageau costumes Karine Cusson vidéo Ulysse del Drago direction technique Charles-Antoine Bertrand-Fontaine

mise en scène et interprétation

Philippe Cyr

collaboration à la mise en scène

Mélanie Demers

texte

Sarah Berthiaume

interprétation

Christine Beaulieu

interprétation

Frédéric Lavallée

interprétation

Édith Patenaude

Le monde s’est pornographié

Nos yeux insatiables.
Le goût des autres, inassouvi.

Il y a encore des territoires sur lesquels nous ne sommes pas honnêtes. Je parle comme s’il arrivait souvent que nous le soyons. Je veux dire vraiment honnêtes. Nous savons transposer la vérité, la dramatiser, la simuler. Nous savons comment mettre les éléments en relation pour les présenter sous leur meilleur jour. Nous savons si bien emballer les choses que lorsque l’autre prend la parole, nous trouvons plus suspecte la vérité que le mensonge. Comme si le cynisme avait si gravement gangréné nos perceptions et que nous ne savions plus quelle valeur accorder aux choses. Notre regard s’habitue, laissant l’inacceptable se dérouler sous nos yeux et l’anecdote nous révolter. Dans cette perte de repère sensible, le moi devient une valeur sûre.

Selfie sonde l’explicite sur le terrain d’une intimité exponentielle, de la démocratisation de l’image, du jeu de miroir troublant qui nous condamne à exister plus, à exister mieux dans l’idée que nous avons de nous-mêmes. À travers le narcissisme ordinaire qui nous habite, qui nous construit, qui nous protège, nous questionnons le déclin du privé et notre incapacité à se satisfaire les uns les autres. Quand nous serons allés au bout de nous-mêmes, de nos fantasmes, que voudrons-nous? Après avoir tout vu, tout montré, que restera-t-il? Selfie n’est pas qu’une fiction. C’est le récit anticipé de nos corps charnels.

Philippe Cyr

« J'ai été emportée par le propos d'une rare intelligence et d'une grande profondeur. »
Marie-Claire Girard, Huffington Post

« Avec Selfie, le théâtre indépendant québécois prouve une fois de plus que les jeunes dramaturges et comédiens ne cessent d’interroger intelligemment leur contemporanéité. Essentiel et terriblement édifiant. »
Élie Castiel, Revue Séquences

« Le texte, brillamment écrit par Sarah Berthiaume et interprété par de prometteurs comédiens, s’impose comme une dénonciation de la société actuelle et du déclin de la vie privée. »
Benjamin Comte, MatTv.ca

« It was sincerely the most original, unique and creative show I have ever seen. I think it is fair for me to say that I was not the only one captured by Philippe Cyr’s masterpiece. The audience’s silence speaks for itself. It was the positive type of silence, the type you feel when something is too amazing for words. Everyone was captured for the entire duration of the show by the four performers and the artistic, brilliant way everything was done. »
Lisa Dorche, Montreal rampage

« Comme les pièces d’un puzzle, les performances et les narrations s’imbriquent harmonieusement les unes dans les autres pour former une œuvre contemporaine qui sort des sentiers battus. »
Micheline Rouette,
Alternative Rock Press

L’Homme allumette est dédié à la création contemporaine. La compagnie explore principalement le thème de la transgression afin d’engager des artistes et le public dans un dialogue autours d’enjeux actuels. Nous puisons notre matière première dans toutes sortes de matériaux textuels, qu’ils soient théâtraux ou non. Nous privilégions une parole libre et contemporaine. Nos choix doivent nourrir nos questionnements formels et poser un regard sur les faits marquants de notre condition d’artistes, de citoyens et d’humains.

En créant la friction, nous cherchons la lumière. Nous croyons essentiel que notre regard se pose sur l’inattendu afin de renouveler sans cesse ce qui se trouve entre la scène et la salle : l’espace des possibles. 

Vidéo

Bande-annonce pour Selfie

DURÉE

1 H 05

Production

une création de L’Homme allumette, en résidence à la salle Jean-Claude-Germain, en collaboration avec Mayday