Venise-en-Québec

d'Olivier Choinière

une création du Théâtre d'Aujourd'hui et du Théâtre du Grand Jour

Salle principale

du 18 avril au 13 mai 2006


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RÉSUMÉ

À la suite d’un accident, un étranger échoue dans un lieu disjoncté peuplé de personnages insolites. D’abord perçu comme un déchet, une chose insignifiante qu’on tourmente par pur plaisir, il sera élevé par ses bourreaux au rang de héros et, peu à peu, c’est là un rôle qu’il embrassera de plein gré. Il prendra ainsi à bras-le-corps le sort de ces Vénitiens nouveau genre et s’engagera à terrasser le monstre qui mine leur vie et leurs espoirs. Grâce à son sacrifice, ses hôtes réussiront à fonder leur terre promise et à enfin voguer, et divaguer, sur les eaux de leur destinée.

texte Olivier Choinière mise en scène Jean-Frédéric Messier interprétation Christian Bégin, Vincent Bilodeau, Violette Chauveau, Simone Chevalot, Yvon Dubé, Mathieu Gosselin, Johanne Haberlin, Michel Lavoie, Daniel Rousse assistance à la mise en scène et régie Stéphanie Capistran-Lalonde scénographie et accessoires Marie-Claude Pelletier costumes Sharon Scott éclairages Yan Lee Chan musique originale Ludovic Bonnier coiffures Louis Bond maquillages Sylvie Rolland-Provost

texte

Olivier Choinière

mise en scène

Jean-Frédéric Messier

interprétation

Christian Bégin

interprétation

Vincent Bilodeau

interprétation

Violette Chauveau

interprétation

Simone Chevalot

interprétation

Yvon Dubé

interprétation

Mathieu Gosselin

interprétation

Johanne Haberlin

interprétation

Michel Lavoie

interprétation

Daniel Rousse

Venise-en-Québec existe bel et bien. Il s’agit d’une charmante municipalité située sur les rives du lac Champlain, au creux de la baie Missisquoi et qui accueille, année après année, nombre de visiteurs. J’y suis allé plusieurs fois. Je suis donc bien placé pour vous dire que la pièce ne partage avec cette ville que le nom. La Venise dont il sera question ce soir est un lieu imaginaire où, comme on dit : « évolue des personnages de fiction ».

La pièce est une épopée et pas seulement parce que j’ai mis du temps à l’écrire. Une « épopée » plus précisément « touristique », au sens où même les voyages les plus organisés peuvent prendre des tournures épiques. Une épopée, parce qu’on y célèbre effectivement un héros, que le merveilleux se mélange au vrai, tout comme la légende à l’histoire.

Il ne s’agit pas d’un portrait du Québec, bien qu’il y ait jeux de miroirs et reflets. Il s’agit certainement d’un face-à-face, mais où tout s’inverse et se retourne. Il est question du Québec (et de tout ce qui vient avec) UNIQUEMENT parce qu’il est question de Venise. C’est à cette Venise inversée et retournée, souhaitée et glorifiée par les uns, méprisée et détestée par les autres, que je me suis attaché. C’est cette Venise en Québec, c’est-à-dire ce flottement, cet entre-deux, cette éternelle hésitation entre une culture et une autre, une identité et une autre, entre « ce que c’est » et « ce que ça devrait être », que j’ai tenté de saisir.

Où, également, l’idéal de l’un est le cauchemar de l’autre.

Olivier Choinière

Je crois que ce que je préfère des pièces d'Olivier Choinière, c'est qu'il n'y a personne d'autre qui écrit comme ça. J'ai vu quatre de ses pièces avant celle-ci, et à chaque fois, je me souviens que j'étais content d'avoir pu être assis là, à écouter ce qu'Olivier avait fait avec les mots cette fois-ci. C'est comme si j'écoutais un musicien jouer sa nouvelle toune. Outre ce plaisir auditif, je retrouve dans les univers que crée Olivier Choinière, ce que je recherche au théâtre en général, c'est-à-dire un espace de liberté. L'auteur ne s'astreint pas à un réalisme et une psychologie qui affligent le reste de nos existences, la langue et le sens sont des instruments dont il joue pour inventer des musiques qui n'existent pas dans la nature. Pourtant, malgré ces acrobaties linguistiques et sémantiques, il créé des personnages à qui on préfèrerait ne pas ressembler, mais qui sont d'une familiarité embarrassante.

Ainsi, Venise-en-Québec est un lieu mythique au même titre que l'Amérique, parce que lieu imaginaire de tous les possibles. Mais au même titre que l'Amérique, ce lieu imaginaire est en plastique et en pré-fini, « parce que c'est sur les pneus que flotte la terre de tes ancêtres ».

Voilà. Vous verrez bien pour vous-même. Comme moi, vous allez surement rire, mais ce n'est pas nécessairement drôle. Bien que la Venise-en-Québec d'Olivier Choinière soit un monde résolument imaginaire, ce qui est angoissant c'est qu'on a l'impression qu'il pourrait exister.

Jean-Frédéric Messier

« Impossible de ne pas être heurté par cette vision cauchemardesque du Québec, un portrait si exagérément fidèle, si outrageusement précis, qu'il frappe souvent dans le mille. »
Christian Saint-Pierre, Voir

« C’est formidablement intéressant, intelligent, il y a des idées extraordinaires, des idées absurdes. »
Catherine Perrin, C’est bien meilleur le matin

« Complètement déjanté, alliant plusieurs langages à un propos carrément polysémique, le texte de Choinière risque de provoquer moult remous et susciter plusieurs interprétations diverses. […] Le metteur en scène, Jean-Frédéric Messier, signe ici un travail remarquable. »
Jade Bérubé, La Presse

« Jamais le rythme ne défaille, jamais le jeu des comédiens ne faiblit. En prime, de mémorables moments de théâtre se glissent dans la pièce. »
Josée Bilodeau, Radio-Canada.ca

« Une parabole délirante, une satire sur l’inusable quête d’identité. […] Les comédiens se jettent là-dedans avec un plaisir fou, ils sont excellents. »
André Ducharme, Desautels

« C’est grotesque, délirant et déjanté. On est loin ici du théâtre élitiste, guindé et pince-sans-rire. »
J. Bertrand, Métro

PUBLICATION

Venise-en-Québec
Olivier Choinière Dramaturges Éditeurs
18,00$
Disponible à la bouquinerie

Production

une création du Théâtre d'Aujourd'hui et du Théâtre du Grand Jour