Direction artistique

Direction artistique
Le CTD'A se veut un théâtre socialement éclairant, ouvert sur le monde et ses défis contemporains. Le mot "centre" met l'accent sur le rôle fédérateur du CTD'A au sein du milieu théâtral. Il inscrit également le théâtre dans la société et invite les artistes à une ouverture de la réflexion, à plus de collaboration et à une circulation des idées entre eux.

> Directeur artistique
> Comité artistique
> Projet artistique
> Compagnies et artistes en résidence
> Projets spéciaux

Directeur artistique 

Sylvain Bélanger est codirecteur général et directeur artistique du CTD'A depuis 2013. Dès son arrivée, il a tenu à s'entourer d'une équipe de soutien et à apporter de nouveaux projets pour appuyer la mission de l'institution. Deux axes majeurs guident son travail : le rôle de centre national qu'exerce le CTD'A pour la dramaturgie québécoise et le fait qu'il constitue un carrefour de création autour duquel se regroupent des créateurs, des intervenants, un public. 

 

Comité artistique 

Le comité artistique, petite équipe de proches collaborateurs, est composé d'Alexia Bürger, Johanne Haberlin, Xavier Inchauspé et Édith Patenaude. Il soutient et conseille Sylvain Bélanger dans ses prises de décision. Il apporte une lecture nuancée des œuvres soumises, en lien avec les enjeux actuels de la société et les évolutions de la dramaturgie. Il participe à l’idéation et à la programmation du volet événementiel, au développement des partenariats, en collaborant aux initiatives d’action sociale du théâtre réalisées conjointement avec des organismes de la société civile. Les membres du comité s'impliquent également dans l'édition et la rédaction du magazine 3900. 

 


Projet artistique

Depuis cinquante ans, le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (CTD’A) a été le foyer d’où ont émergé plusieurs voix fortes de notre dramaturgie. C’est le lieu de ce qui s’écrit aujourd’hui, celui qui a pour mission de créer des rendez-vous déterminants pour les auteurs et autrices d’ici. C’est encore aujourd’hui, le seul théâtre exclusivement dédié à la dramaturgie du Québec et du Canada français.

Le CTD’A, comme lieu de parole, comme institution, comme carrefour de création francophone est un théâtre important pour nous tous. Depuis 1968, il est reconnu pour dialoguer avec son époque. Un des défis constants de ce théâtre est de porter son nom avec justesse et d’être le fidèle reflet de l’évolution de nos écritures et du statut de nos auteurs et autrices dans le développement de la pratique.

C’est ce à quoi nous nous engageons et qui oriente nos activités: inscrire ce théâtre au cœur du renouvellement des dramaturgies contemporaines.

Le mot « Centre » valorise le caractère public de notre maison théâtrale. Il rappelle, d’une part, le rôle central et fédérateur que nous jouons face à la création québécoise. Il nous permet de structurer l’équipe afin de valoriser l’accompagnement aux auteurs. aux autrices et aux équipes que nous accueillons et avec lesquelles nous collaborons. Il invite les créateurs et créatrices à une ouverture et à une circulation des idées entre eux et avec les publics.

Notre mandat ne change pas, il évolue. Il se réactualise au contact du présent. Cette identité de centre dramatique nous positionne à la fois comme un carrefour de création qui favorise l’ouverture et l’accompagnement, et comme une référence théâtrale du Québec puisque nous sommes le seul théâtre dédié exclusivement à sa dramaturgie.

Notre mandat unique face aux auteurs et autrices, nos nombreuses collaborations, nos activités de médiation et de développement dramaturgique ainsi que nos outils de communication témoignent de notre engagement et de l’importance que nous accordons à notre mission de centre dramatique.

Au cœur de notre projet artistique se trouve manifestement l’affirmation d’un dialogue entre la scène et le social et les prises de parole directes entre nos auteurs et autrices et l’actualité. Les choix de programmation sont effectués en termes d’impact : sur notre façon de voir la société québécoise, sur l’évolution des dramaturgies d’ici, sur le développement des nouvelles théâtralités qu’un projet suggère et sur l’impact de celui-ci sur le parcours des créateurs et créatrices qui le portent. En d’autres termes, nous choisissons en fonction du caractère déterminant d’un projet sur les publics, la pratique et les artistes.

Avec l’omniprésence de la création québécoise dans l’offre théâtrale, il est important pour nous de faire parler la signification de l’exclusivité de ce mandat dans le paysage théâtral québécois. Que cette exclusivité guide les choix de programmation, d’activités et de partenariats.

Des gestes ont donc été posés pour nous permettre de déployer un positionnement au service de cette actualité sociale et artistique de la dramaturgie contemporaine d’ici : lancement du magazine 3900, d’un site web référentiel, d’une nouvelle identité visuelle, création d’un comité artistique, d’un Salon de la dramaturgie contemporaine, nomination d’une artiste associée, d’un responsable de l’action sociale, ouverture du programme de résidence aux artistes en plus des compagnies, développement de collaborations avec le CEAD, le Jamais lu, le FTA, l’École nationale de théâtre, la Place des Arts, Dém’ART-MTL, la Caisse de la Culture, la FOHM, ainsi que la création d’activités de médiation telles La Horde, avec 15 jeunes interlocuteurs et interlocutrices de 18 à 26 ans.

Pour honorer le caractère exclusif du mandat du CTD’A, nous avons développé dès 2012 un projet rigoureux impliquant certains chantiers de réflexion et de création qui ont servi de points de vue inspirants nous permettant d’observer notre société. Nos spectacles ont proposé entre autres une perspective historique, une réactualisation des questions identitaires, une observation du concept de classe moyenne. D’autres ont étudié en profondeur la question de la responsabilité sociale ou le potentiel de la jeunesse.

Ces dernières années, notre programmation a donné une large place aux jeunes générations qui se devaient de prendre d’assaut les scènes institutionnelles. Nous les avons réunies d’entrée de jeu afin de faire entendre des voix fortes et singulières.

À la salle Jean-Claude-Germain, dédiée aux voix émergentes et à la recherche des nouvelles dramaturgies, les projets sont sélectionnés pour la place innovante qu’ils réservent à l’écriture dramatique dans leurs projets.

Nous avons récemment invité sur les scènes du CTD’A une majorité de paroles de femmes, de gens issus des peuples fondateurs et réuni des créations portées par des individus qui ont à s’affranchir de systèmes qui les régissent. Des figures contemporaines qui nous ont permis de plonger dans des luttes et dans des confrontations épiques avec des systèmes que nous avons collectivement érigés et sur lesquels nous établissons nos référents en matière de justice, d’équité et de paix sociale. Ces spectacles, mis ensemble, visaient à combattre toute forme d’aliénation en redonnant le pouvoir à l’individu, peu importe son clan, son groupe ou son pays d’origine.

Ce travail a fait culminer les prises de paroles des auteurs et des autrices vers un 50e anniversaire qui se voulait au cœur du forum social et qui plaçait pertinemment le rôle de la culture au centre de nos défis collectifs. Lors de cette saison toute spéciale, nombreux sont ceux qui ont pu exprimer leur sentiment d’appartenance à ce théâtre et à son histoire rassembleuse. Une saison au cours de laquelle les auteurs et les autrices ont été animés par ce désir de se créer leur propre filiation. Une filiation à retrouver ou à inventer. Ces créations témoignaient de nouvelles connexions prometteuses, d’histoires de cultures reconstituées, réparées ou évoluées.

Le CTD’A des dernières années en est un qui témoigne d’une vitalité et d’une ouverture qui lui permet d’être en phase avec sa société, ses artistes et ses publics. Nos actions en terme de parité et de diversité culturelle ont récemment propulsé notre théâtre dans une série d’aventures et de collaborations excitantes.

Avec le recul, on peut avancer que les chantiers sociologiques, cités plus haut et amorcés en 2012, culminent aujourd’hui dans une mouvance visible et bienvenue sur le métissage d’une maison théâtrale qui a ouvert ses portes et qui aujourd’hui réussit du mieux qu’elle peut à conjuguer l’évolution de nos sociétés avec celle de nos dramaturgies. Les deux dernières saisons sont le fruit d’un travail axé sur la pertinence du propos et de la démarche, sur la qualité des écritures et des productions. Mais il faut surtout constater qu’un souci d’ouverture a mené directement au travail de terrain qui se caractérise aujourd’hui par des initiatives et une présence réjouissante d’artistes et de thématiques qui rendent visible un Québec qui est déjà dans nos vies et moins sur nos scènes.

Propulsés par cette vitalité actuelle, le CTD’A tente de saisir l’opportunité de créer de nouvelles familles, des ponts avec ceux qui nous ont inspirés et précédés ou qui sont en mesure de nous sortir de nos évidences. Il y a manifestement un Québec du métissage et du dialogue que nous désirons mettre de l’avant, avec ses défis, ses paradoxes et ses espoirs.

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui porte bien son nom. Il aspire à être un témoin du Québec contemporain et nous permet de nous situer sur la ligne du temps de notre histoire collective.

Sylvain Bélanger
Codirecteur général et directeur artistique

 


Artistes et compagnies en résidence 

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui offre des résidences de deux ans à la salle Jean-Claude-Germain à des artistes ou compagnies qui souhaitent explorer de nouvelles avenues de création et affirmer leur démarche. Avec notre soutien artistique, logistique et financier, ces résidences ont le potentiel d'être déterminantes dans le parcours des créateurs et créatrices, leur assurant un lieu de diffusion pour deux ans et permettant aux artistes de se consacrer pleinement à leur art.

Le rôle réservé à nos compagnies et artistes en résidence illustre bien l’aspiration du nom de Centre qui est mis de l’avant. Les projets sont sélectionnés selon les mêmes critères que les spectacles de la salle principale : authenticité de la démarche, impact de cette démarche sur l’avancement de l’écriture dramatique, aspect déterminant de la résidence et du dialogue artistique sur leur carrière. Sur 5 spectacles annuellement présentés à la salle Jean-Claude-Germain, 3 proviennent de ces résidents. 
 

Artistes en résidence à la salle Jean-Claude-Germain : 


Compagnies en résidence à la salle Jean-Claude-Germain : 

 


Projets spéciaux

Qu'ils soient réguliers ou ponctuels, le CTD'A propose de nombreux projets spéciaux : magazine 3900, Salon de la dramaturgie contemporaine, accueil du festival Dramaturgies en dialogue du CEAD, du Jamais lu, du FTA, du OFFTA, du Festival Fringe... Ces projets développent des collaborations avec des structures et créateurs de la Francophonie internationale, mais également avec le public. Deux projets spéciaux avaient pris forme au cours de la saison 16/17 : La Horde, réunissant 15 jeunes de 18 à 26 ans et Pensées courantes, une installation d'Alexia Bürger. 
 

Salon de la dramaturgie contemporaine

Né sous l'impulsion d'Olivier Kemeid, le Salon de la dramaturgie contemporaine réunit une fois par année une quinzaine de créateurs qui se penchent sur l’évolution des écritures théâtrales contemporaines. Cet espace de réflexion, au cœur même du mandat du CTD’A, permet à chacun des intervenants de positionner sa démarche en regard d’écritures qui ont marqué la culture théâtrale des dernières années et de réfléchir plus largement à l'évolution des esthétiques scéniques. Le Salon s'intéresse surtout à l'impact du passage à la scène de textes contemporains. En cela, il agit en toute complémentarité du mandat du CEAD qui a lui pour mission de soutenir et de faire la promotion des textes des auteurs francophones d’ici. Depuis la saison 16/17 c'est l'auteur Pascal Brullemans qui assure l'animation du Salon. 

Ont participé au salon : 
Nini Bélanger / Sarah Berthiaume / Dany Boudreault / Catherine Bourgeois / Pascal Brullemans / Alexia Bürger / Jasmine Catudal / Olivier Choinière / Philippe Cyr / Rebecca Déraspe / Alix Dufresne / Alain Farah / Sara Fauteux / Carole Fréchette / Jean Gaudreau / Emma Gomez / Johanne Haberlin / Annick Lefebvre / Hubert Lemire / Étienne Lepage / Jérémie Niel / David Paquet / Solène Paré / Pascale Rafie / Frédéric Sasseville-Painchaud / Lise Vaillancourt / Catherine Vidal
 

La Horde

La Horde est née à l'occasion de la saison 16/17 : intrigué par les regards que portaient les jeunes auteurs et autrices de cette saison sur leur génération et celle qui la succède, le directeur artistique Sylvain Bélanger a souhaité pousser plus loin sa réflexion sur les perspectives de cette jeunesse et son regard sur elle-même. Il s'est donc associé à Xavier Inchauspé, coordonnateur de l'action sociale au CTD'A, pour réunir une quinzaine de jeunes âgés de 18 à 26 ans, issus de différents milieux et aux intérêts divers. Assistant à l'ensemble des spectacles de la saison et échangeant avec lui et les artistes au cours de rencontres informelles, ces 15 jeunes sont devenus ses répondants, ses vis-à-vis artistiques. Suite au succès de cette première édition, ce qui devait être un projet ponctuel est devenu un rendez-vous récurrent, avec des éditions en 18/19 et 19/20. 

 

Les histoires de partir de Papy Maurice Mbwiti

Dans le cadre de son 50e anniversaire et grâce au soutien du projet DémARTS-Montréal, le CTD'A a accueilli en résidence le comédien, auteur, metteur en scène et directeur artistique d'origine congolaise Papy Maurice Mbwiti. C'est en tant qu'auteur que Papy s'est joint à l'équipe du théâtre pour un travail d'échange sur le 50e anniversaire du CTD'A. Il a également été accompagné par Sylvain Bélanger et un conseiller dramaturgique pour l'écriture de son projet en développement. Sa résidence d'écriture s'est soldée le 26 novembre 2018 par une lecture publique de sa création Les histoires de partir.  
 

Pensées courantes d'Alexia Bürger

Artiste associée au CTD’A de 2013 à 2018, Alexia Bürger a présenté une série de projets sur 5 saisons. Pour la saison 16/17, Alexia a conçu Pensées courantes, une petite machine afin de fournir un exutoire à sa propre pensée qui très souvent s’emballe et qu’elle s’essouffle à rattraper. Elle en profitait du même coup pour offrir au public l’opportunité de réaliser un vieux fantasme : celui de s’immiscer dans la tête des autres! À l'aide d'un casque d’écoute, le public entendait des échantillons de pensée de ceux qui ont travaillé à la saison 16/17 du CTD’A : auteurs, acteurs, metteurs en scène, concepteurs, administrateurs, techniciens, guichetiers, placiers et membres du personnel du théâtre. Les gens ayant participé à cette expérience ont reçu la consigne d’observer leurs pensées sur une courte période de temps et d’en faire part à Alexia en tentant de ne pas les transformer. Cette petite conscience rapaillée était donc tirée d’une banque de plus de 1000 pensées, distribuées de manière aléatoire et calquant le plus fidèlement possible le rythme naturel de la pensée humaine.