Ceux qui se sont évaporés

de Rébecca Déraspe

Une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Salle principale

du 3 au 28 mars 2020


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RÉSUMÉ

Il y a Emma, femme dans la jeune trentaine à la vie normale, partie sans laisser de traces. Il y a ses proches, aux prises avec les conséquences de son absence et ce besoin irrépressible de l’imaginer pour ne pas l’oublier. Il y a la fille qui grandit sans sa mère, la grand-mère jamais connue, la mère, le père, le conjoint, les amis et le bruit des gens qui cherchent à nous définir, nous dérobant à la fois de notre particularité et de notre mystère. 

Qui n’a jamais rêvé de disparaitre, ne serait-ce qu’un instant? De s’évaporer? De s’échapper d’une identité et de ce que les autres y projettent? Au Japon, ce sont quelques 100 000 personnes qui disparaissent chaque année au moyen d’agences spécialisées. S’inspirant de cette réalité troublante et tramant habilement différentes approches dramaturgiques, l’autrice Rébecca Déraspe explore les multiples visages de nos enfermements et la radicalité de certaines possibilités d’évasion.
 

texte Rébecca Déraspe mise en scène Sylvain Bélanger interprétation Geneviève Boivin-Roussy, Élisabeth Chouvalidzé, Josée Deschênes, Vincent Graton, Reda Guerinik, Éléonore Loiselle, Maxime Robin, Tatiana Zinga Botao assistance à la mise en scène et régie Julien Veronneau scénographie et éclairages Cédric Delorme-Bouchard conception sonore Larsen Lupin

texte

Rébecca Déraspe

mise en scène

Sylvain Bélanger

interprétation

Geneviève Boivin-Roussy

interprétation

Élisabeth Chouvalidzé

interprétation

Josée Deschênes

interprétation

Vincent Graton

interprétation

Reda Guerinik

interprétation

Éléonore Loiselle

interprétation

Maxime Robin

interprétation

Tatiana Zinga Botao

assistance à la mise en scène et régie

Julien Veronneau

scénographie et éclairages

Cédric Delorme-Bouchard

conception sonore

Larsen Lupin

Exister est une responsabilité à laquelle on ne peut jamais échapper. Le lien social fracturé et l’individualisation de nos identités nous garde en tension constante. Il faut porter un « je » qui soit garant de nous-mêmes et faire valoir nos particularités dans un espace où le collectif nous raconte comment réfléchir le monde. À bout de ce que l’on a de souffle, le désir de disparaitre, ne serait-ce qu’un instant, des charges du quotidien, apparait parfois. Et par tous les moyens, on cherche à se retirer des pressions de notre rôle au sein de nos propres existences. Comme l’explique remarquablement bien David Le Breton dans son essai Disparaitre de soi, l’individu cherche constamment à disparaitre, à s’éjecter de sa réalité. Et il le ferait de toutes sortes de façons : consommer de la fiction, par exemple, serait une façon de disparaitre de soi. Au Japon, le phénomène des Évaporés est foncièrement perturbant. En effet, 100 000 japonais, chaque année, organiseraient leur disparition volontaire. Et vous? Comment disparaissez-vous de vous-mêmes? Est-ce l’alcool qui vous permet d’échapper à l’emprise de votre identité? Ou est-ce les longues marches que vous aimez prendre pour n’être nulle part et personne durant un temps limité? Et surtout, que feriez-vous avec la mise en scène de votre vie, si pouviez en redessiner complètement les contours? 

Quand ma fille est née, j’ai eu un grand choc. Je l’appelle « le choc de la maternité ». J’ai compris, soudainement, que de ce rôle, celui de maman, je n’allais jamais pouvoir m’échapper. Et depuis, j’essaie, par l’écriture surtout, de comprendre comment rester sans m’effriter.  Et doucement, calmement, comme un territoire qui se conquiert avec le temps, je trouve des réponses belles et immenses à cette question. Parce que si je suis en bataille constante avec moi-même, je connais la conclusion de ma guerre intérieure : je vais planter mes pieds à côté de ceux de ma fille. Même si parfois la vie et sa féroce urgence d’hurler, me donne envie de m’évaporer au-delà de l’exigence du quotidien. 

Les textes n’apparaissent pas tous de la même façon. Certains s’affirment d’emblée avec leur humour caractéristique et leur structure classique. D’autres savent d’entrée de jeu de quoi ils veulent parler, ce qu’ils veulent montrer du monde. Celui-ci est arrivé sur la pointe des pieds, sans que je ne comprenne trop pourquoi il voulait prendre sa place ici. Pour en parler de façon honnête, je dirais que j’ai écrit Ceux qui se sont évaporés comme on cherche à répondre à mille questions à la fois, comme on s’assoie pour observer le mouvement de nos incapacités collectives. Nos cris silencieux. 

Rébecca Déraspe

Nouvelle

Publié le 14/05/19

Le saviez-vous?

Connaissez-vous le point commun entre Dany Boudreault, Rébecca Déraspe et Christian Lapointe? Ces trois auteurs et autrices de la salle principale sont tous les trois passés par la salle Jean-Claude-Germain au début de leurs carrières respectives. La saison 19/20 marque la première création de Dany Boudreault et Rébecca Déraspe sur le grand plateau, et la deuxième pour Christian Lapointe!

Nouvelle

Publié le 14/05/19

Inspiration : Les évaporés du Japon.

Comme point de départ de Ceux qui se sont évaporés, il y a ce phénomène qui a interpelé son autrice Rébecca Déraspe : chaque année au Japon 100 000 personnes disparaissent sans laisser de trace, du jour au lendemain, aidés par des agences spécialisées. Par honte ou pour lutter contre le déshonneur, ils se débarassent de leur passé et vivent clandestinement le reste de leur vie. Pour en savoir plus, nous vous conseillons l'excellent livre de Léna Mauger et Stéphane Remael. 

Album

Publié le 14/05/19

Trois des interprètes de Ceux qui se sont évaporés prennent la pose sous l'objectif de Kelly Jacob pour la campagne de saison 19/20! En mars, ils porteront ce texte de Rébecca Déraspe, sous la direction de Sylvain Bélanger et en compagnie de Geneviève Boivin-Roussy, Élisabeth Chouvalidzé, Vincent Graton, Reda Guerinik et Éléonore Loiselle. 

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Production

Une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui