Historique - Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Historique

50 ans d'histoire
La saison 18/19 marque le 50e anniversaire de cette institution. Depuis 1968, ce sont près de 400 productions qui y ont vu le jour et plus de 3 000 artistes qui y ont œuvré. De ses débuts dans le petit théâtre de la rue Papineau à son installation sur la rue Saint-Denis, sans oublier les tournées au Québec, au Canada et à l’international, le CTD’A a attiré plus d’un million de spectateurs.

Historique


1968 - 1969

L’aventure commence le 26 août 1968 dans un local situé au fond d’une ruelle, au 1297 rue Papineau. Rassemblant des besoins comparables et partageant une même vision du théâtre, la troupe des Apprentis-Sorciers, le Mouvement contemporain, les Saltimbanques et le mime Michel Poletti s’associent pour fonder le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Le nom est trouvé par Pierre Collin, membre des Apprentis-Sorciers. Centre d’abord, parce que le théâtre réunit plusieurs compagnies et souhaite en accueillir d’autres. Il s’agit aussi de mettre en exergue la contemporanéité des créations avec l’expression Théâtre d’Aujourd’hui. Les artistes qui investissent le lieu désirent ainsi faire du théâtre « d’ici et de maintenant ».  
 

1969 - 1970

Après une première saison, tout s’effondre, ou presque. Michel Poletti retourne en Suisse, les Saltimbanques se sabordent et le Mouvement contemporain met fin à ses activités. Demeure alors un trio de créateurs constitué de Jean-Pierre Saulnier, Pierre Collin et Robert Spickler, auquel se joignent dès 1969 Jean-Claude Germain et sa troupe Les Enfants de Chénier. C’est alors que le Théâtre d'Aujourd'hui trouve véritablement sa voie : la dramaturgie québécoise. Bien que l’idée ait été déjà esquissée à sa création, la volonté de faire de la dramaturgie québécoise contemporaine l’unique mandat du théâtre s’impose. À l’époque, ce parti pris marque une véritable rupture avec le paysage théâtral : pour une majorité d’artistes, la dramaturgie québécoise n’existe pas et n’a pas lieu d’être à côté de la noblesse et de la richesse du répertoire européen. Et c’est exactement contre cette idée que Jean-Pierre Saulnier, Pierre Collin, Robert Spickler, Jean-Claude Germain et leurs collègues veulent lutter.


1972 - 1983

Jean-Claude Germain joue un rôle majeur pour l’histoire du lieu. Sous son impulsion et son dynamisme, l'idée même d'une dramaturgie québécoise continue de germer. Il assume bientôt, avec Robert Spickler, la direction, la programmation et l'orientation résolument québécoise du Théâtre d'Aujourd'hui. Au cours de la décennie où il aura dirigé la compagnie, de 1972 à 1982, Germain aura été d’une productivité artistique incomparable. Le théâtre québécois, celui auquel peu de gens croyaient jusque-là, vit sa première explosion. Contre toute attente, Les Enfants de Chénier connaissent un succès considérable : les salles sont pleines, les critiques, dithyrambiques. Lorsqu’il quitte la direction du Théâtre d’Aujourd’hui, Jean-Claude Germain laisse une entreprise artistique reconnue, dont la mission est claire pour tous ceux qui, à Montréal, s’intéressent de près ou de loin à l’art dramatique.


1983 - 1989

Le comédien et metteur en scène Gilbert Lepage succède à Jean-Claude Germain en 1983. Avec lui, c’est la pensée d’une nouvelle génération qui émerge au CTD’A. Pour la génération de Germain qui a lutté ardemment contre l’envahissement culturel français et qui affirmait haut et fort son souverainisme, le « nous » était forcément un « nous » national. Avec Lepage, la question politique s’amoindrit et le « nous » se diversifie : l’enjeu est davantage de parler de groupes sociaux dont les voix sont encore trop peu entendues, tels que les femmes, les jeunes, les gays, les marginaux, etc. Gilbert Lepage quitte la direction en 1986, ayant su faire du théâtre un lieu de développement et d’éclosion de productions multiples. Son successeur, l’auteur et comédien Robert Lalonde, prend les rênes de la direction artistique en 1987. Ce qui l’intéresse, c’est de mettre les auteurs à l’avant-plan. Dès sa première saison, il s’attache à programmer des auteurs encore méconnus et développe des relations pérennes avec des artistes tels que Normand Chaurette, Michel Marc Bouchard ou Maryse Pelletier.


1989 - 1998

1989 marque le début du mandat de Michelle Rossignol. C’est à elle que nous devons le déménagement du théâtre de la rue Papineau à son emplacement actuel sur la rue Saint-Denis. On commence en effet à se sentir à l’étroit dans la salle d’origine : celle-ci ne pouvant accueillir qu’une petite centaine de spectateurs. Aussi, le plafond est bas et deux colonnes de béton obstruent la vue, d’où l’envie de plus en plus pressante de trouver un autre lieu. Le théâtre déménage donc au 3900 rue Saint-Denis. Le nouveau bâtiment occupe un ancien cinéma spécialisé en films pour adultes ainsi que deux résidences voisines. Il est composé d’une salle principale pouvant accueillir jusqu’à 250 spectateurs et d’une salle plus intime de 75 places, nommée salle Jean-Claude-Germain en l’honneur de l’ancien directeur artistique. Cette petite salle possède à l’origine un double mandat : elle servira à la fois de lieu de diffusion destinée à la relève et de salle de répétition. Outre ces travaux d’envergure, Michelle Rossignol s’attache à programmer davantage de femmes : Carole Fréchette, Anne Legault, Denise Boucher ou encore Pol Pelletier en font partie. Elle produit également des textes d’auteurs provenant d’autres cultures, afin de rendre compte des changements de la société québécoise et de l’immigration de plus en plus importante. C’est sous sa direction que Pan Bouyoucas et Wajdi Mouawad verront pour la première fois leurs textes produits au CTD’A.


1998 - 2004

Lorsque Michelle Rossignol quitte son poste après neuf ans de direction au printemps 1998, c’est le metteur en scène et comédien René Richard Cyr qui lui succède. Entre également en scène Jacques Vézina, qui assumera la codirection générale du théâtre. Cette collaboration marque la première direction bicéphale au sein de l’institution et tend à renforcer le dialogue entre l’artistique et l’administratif. Pour faire de la place à un plus grand nombre de compagnies de création, ils favorisent un modèle de codiffusion à la salle principale. Ils souhaitent ainsi faire de l’institution un véritable lieu d’accueil et de production de la dramaturgie québécoise d’aujourd’hui. Avec René Richard Cyr arrive une nouvelle génération d’auteurs marquants pour la dramaturgie québécoise : Serge Boucher, Dominic Champagne, Daniel Danis, Sébastien Harrison, Loup Bleu.


2004 - 2012

En 2004, Marie-Thérèse Fortin prend la barre de la direction artistique, toujours accompagnée de Jacques Vézina à la codirection générale. Elle s’attache à diversifier le répertoire programmé. Sous son mandat, les voix d’artistes confirmés se mêlent à celles de la relève. Des auteurs tels que Jennifer Tremblay, Évelyne de la Chenelière, Sarah Berthiaume, Olivier Kemeid et Sébastien David sont alors accueillis. Elle met également en place un système de résidence de création de deux ans à la salle Jean-Claude-Germain pour les compagnies de la relève. Ces résidences ont pour but de donner une vitrine aux jeunes compagnies tout en bénéficiant d’un soutien artistique et financier. Au cours de l’été 2010, Marie-Thérèse Fortin et Jacques Vézina orchestrent d’importantes rénovations de la salle principale et pilotent la construction d’une nouvelle salle de répétition (située à la place de l’ancienne terrasse sur le toit) offrant ainsi de meilleures conditions de création pour les artistes. Ces installations permettent alors de dédier entièrement la salle Jean-Claude-Germain à la diffusion de productions d’artistes émergents. 


2012 - Aujourd'hui

En 2012, le metteur en scène et comédien Sylvain Bélanger succède à Marie-Thérèse Fortin. Il entend inscrire le théâtre dans l’actualité sociale et théâtrale du Québec et renforcer les liens de l’institution avec l’environnement culturel et social qui l’entoure. Des auteurs tels qu’Olivier Choinière, Mani Soleymanlou, Annick Lefebvre, David Paquet et Alexia Bürger investissent le théâtre. Il met de l’avant la notion de « centre » présente dans le nom de l’institution en l’accompagnant d’une refonte complète de l’image de marque et d’un nouvel acronyme : le CTD’A. C’est également sous son mandat que naissent le magazine 3900, les Salons dramaturgiques et des projets de médiation culturelle comme La Horde. En 2018, Sylvain Bélanger est toujours directeur artistique, en compagnie d’Étienne Langlois à la direction administrative, arrivé en poste en 2014. Ensemble, ils préparent notamment un nouveau projet de rénovations des aires d’accueil du théâtre, dans le but d’accueillir davantage de spectateurs tout en renouvelant le rayonnement de l’institution. Et que souhaitent alors ces deux codirecteurs pour le 50e anniversaire du théâtre? D’abord, une affirmation du CTD’A à la fois comme référence culturelle et comme centre de création rassembleur. Et bien sûr, une longue vie pleine de créations surprenantes et d’artistes exceptionnels à cette grande institution.

 

Légendes des photos 

1
1968 - Dans les escaliers menant à la salle originale. Crédit : inconnu

2
1968 - La salle originale du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui au 1297, rue Papineau. Crédit : inconnu

3
1970 - La mise à mort d'la miss des miss de Jean-Claude Germain. Sur la photo : Jean-Luc Bastien, Louisette Dussault, Monique Rioux, Gilles Renaud, Nicole Leblanc. Crédit : Daniel Kieffer

4
1974 - Les hauts et les bas d’la vie d’une diva de Jean-Claude Germain. Sur la photo : Nicole Leblanc à la reprise en 1981. Crédit : Daniel Kieffer

5
1975 - Le temps d’une vie de Roland Lepage, m.e.s. André Pagé. Sur la photo : Muriel Dutil. Crédit : inconnu

6
1975 - Votre  lle peuplesse par inadvertance de Victor-Lévy Beaulieu, m.e.s. André Brassard. Sur la photo : René Gagnon, Frédérique Collin. Crédit : inconnu

7
1982 - Du poil aux pattes comme les CWACs de Maryse Pelletier, m.e.s. Claude Jutra. Sur la photo : Louise Deschâtelets, Marie-Michèle Desrosiers, Chantal Beaupré, Lucie Routhier. Crédit : inconnu

8
1987 - La société de Métis de Normand Chaurette, m.e.s. Joseph Saint-Gelais. Sur la photo : Monique Lepage, Louise Bombardier. Crédit : inconnu

9
1994 - La fille de Christophe Colomb de Réjean Ducharme, m.e.s. Martin Faucher. Sur la photo : Markita Boies. Crédit : Daniel Kieffer

10
1994 - Journée de noces chez les Cromagnons de Wajdi Mouawad, m.e.s. Paul Lefebvre. Sur la photo : Marie-France Marcotte, Monique Mercure, George Krump, Benoît Vermeulen, Gilles Pelletier, Dominique Pétin, Wajdi Mouawad. Crédit :  Daniel Kieffer

11
1994 - Les muses orphelines de Michel Marc Bouchard,. m.e.s. René Richard Cyr Sur la photo : Marie-France Lambert, Louise Portal, Pascale Desrochers, Stéphane Simard. Crédit : Daniel Kieffer

12
1996 - The Dragonfly of Chicoutimi de Larry Tremblay. Sur la photo : Jean-Louis Millette. Crédit :  inconnu

13
1999 - 24 poses (portraits) de Serge Boucher, m.e.s. René Richard Cyr. Sur la photo : Marc Legault, Hugo Dubé, Louison Danis, Michel Dumont, Roger Léger, Guylaine Tremblay, Sylvain Bélanger, Adèle Reinhardt. Crédit : Gilles Duchesneau

14
2001 - Le langue à langue des chiens de roche de Daniel Danis, m.e.s. René Richard Cyr. Sur la photo : Jean-François Pichette, Marie-France Lambert, Normand D'Amour, Dominique Quesnel. Crédit : Christian Desrochers

15
2004 - Le collier d’Hélène de Carole Fréchette, m.e.s. Martin Faucher. Sur la photo : Sid Ahmed Agoumi et Diane Lavallée. Crédit : Yves Renaud

16
2007 - Bashir Lazhar d’Evelyne de la Chenelière, m.e.s. Daniel Brière. Sur la photo : Denis Gravereaux. Crédit : Nicolas Descôteaux

17
2008 - Bob de René-Daniel Dubois, m.e.s. René Richard Cyr. Sur la photo : Étienne Pilon, Benoit McGinnis Chœur : Marc Beaupré, Frédéric Blanchette, Charles Dauphinais, Cyril Fonseca, Mathieu Gosselin, Robert Lalonde, Agathe Lanctôt, Milène Leclerc, Jean-Moïse Martin, Christiane Proulx, Véronic Rodrigue. Crédit : Valérie Remise

18
2010 - Belles-sœurs, théâtre musical de Michel Tremblay, René Richard Cyr et Daniel Bélanger. Sur la photo : Marie-Thérèse Fortin, Édith Arvisais, Kathleen Fortin, Marie-Evelyne Baribeau, Hélène Major, Sylvie Ferlatte, Guylaine Tremblay, Maude Guérin, Monique Richard, Christiane Proulx, Michelle Labonté, Suzanne Lemoine, Dominique Quesnel, Maude Laperrière. Crédit : Valérie Remise

19
2010 - La liste de Jennifer Tremblay, m.e.s. Marie-Thérèse Fortin. Sur la photo : Sylvie Drapeau. Crédit : Valérie Remise

20
2013 - Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël de Michael Mackenzie, m.e.s. Marc Beaupré. Sur la photo : Sophie Desmarais, Luc Picard. Crédit : Jérémie Battaglia

21
2014 - Trois de Mani Soleymanlou. Sur la photo : Mani Soleymanlou et ses 43 interprètes. Crédit :  Valérie Remise

22
2015 - J’accuse d’Annick Lefebvre, m.e.s. Sylvain Bélanger. Sur la photo : Catherine Trudeau. Crédit :  Valérie Remise