i/O

Dominique Leclerc

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et de Posthumains

Salle principale

dates à venir


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RÉSUMÉ

Les avancées des biotechnologies feront-elles de nous les derniers spécimens humains issus de la génétique du hasard? Comment (re)penser la reproduction, l'écologie, notre éphémérité et notre devoir de passation à l'aune de ces transformations? Face à l'ampleur grandissante des technologies visant à nous « améliorer », Dominique Leclerc stimule ces réflexions auprès du grand public et construit, sur scène, une archive destinée aux humains de demain.

L'autrice et metteuse en scène s'intéresse depuis plusieurs années aux espoirs, aux croyances et aux paradoxes générés par les techno-utopistes, tout en interrogeant notre capacité collective à encadrer ces nouveaux possibles. Mêlant récit, auto-science fiction et documentaire, i/O explore la tension entre choix individuels et collectifs et refuse aussi bien les utopies que les dystopies.

texte, mise en scène et interprétation Dominique Leclerc mise en scène et conseil dramaturgique Olivier Kemeid partenaire de création, scénographie, accessoires et interprétation Patrice Charbonneau-Brunelle vidéo et interprétation Jérémie Battaglia assistance à la mise en scène et régie Anne-Sara Gendron éclairages Marie-Aube St-Amant Duplessis conception sonore Andréa Marsolais-Roy conseil dramaturgique Émilie Martz-Kuhn intégration vidéo Pierre Laniel

texte, mise en scène et interprétation

Dominique Leclerc

mise en scène et conseil dramaturgique

Olivier Kemeid

partenaire de création, scénographie, accessoires et interprétation

Patrice Charbonneau-Brunelle

vidéo et interprétation

Jérémie Battaglia

assistance à la mise en scène et régie

Anne-Sara Gendron

éclairages

Marie-Aube St-Amant Duplessis

conception sonore

Andréa Marsolais-Roy

conseil dramaturgique

Émilie Martz-Kuhn

intégration vidéo

Pierre Laniel

HABITER LE TROUBLE

J'ai écrit ce qui suit en mars 2020. Comme le plupart d'entre nous, j'ai beau essayer, je n'ai pas encore le recul nécessaire pour saisir ce qui a changé en nous depuis. Je sais seulement que cette crise sanitaire mondiale exacerbe les questions qui me préoccupaient jadis. Ça me terrifie parce que déjà avant tout ça, je me disais que ça allait beaucoup trop vite. C'est encore plus vrai maintenant.

Je me demande souvent si ma génération et celles qui m'ont précédée, avons ou non un devoir de passation quant à cet autre monde que nous avons connu. Ces vingt dernières années, les technologies que j'ai adoptées, soit parce qu'elles étaient pratiques ou par frayeur d'être laissée derrière, m'ont énormément transformée. Je suis loin d'en saisir le portrait global. Je sais du moins que je ne retiens plus l'information comme avant. Je retiens le chemin qui me mène à l'information. Je ne sollicite plus mon sens de l'orientation ou mon instinct dans des lieux inconnus. Je pense en partage. Mon cerveau inhibe le moment à vivre dans le présent pour m'inciter à « partager ». Je laisse plusieurs de mes capacités cognitives migrer vers un dispositif qui me surveille constamment dans le but de m'influencer. Je me vois tranquillement apprivoiser cette idée qu'en ligne, je suis immortelle. Que ces portraits de moi que je nourris chaque jour et qui ne m'appartiennent pas, rapportent énormément de capital à des gens que je ne rencontrerai jamais.

Pour le moment, difficile d'avoir le recul qui me permette de saisir l'impact réel de ces changements. Mais je suis convaincue que ceux-ci sont les premiers signes d'une grande révolution de ce que nous sommes.

Enfant, on m'a enseigné que toute morale, sens de la vie ou comportement à adopter en société, trouve ses réponses dans la religion catholique. Même si ces principes, en majorité conduits par des hommes, ont depuis longtemps quitté mon esprit, ils ont sans doute laissé leurs traces. Lesquelles? Depuis que ce sens de la vie m'a été retiré, j'ai eu beaucoup de mal à le trouver ailleurs.

Quelques décennies plus tard, me voilà plongée dans un univers où tout problème de société trouverait une solution par la technologie. Une toute autre forme de croyance. Le transhumanisme est un mouvement mondial qui réclame, au niveau politique, une liberté totale quant au fait de modifier son corps, sa cognition, sa génétique, la notion d'être humain. Si les prévisions auxquelles je suis confrontée se mettent en place, nous ferons bientôt face à des choix individuels et collectifs extrêmement complexes quant à ce que nous souhaitons devenir. À qui la responsabilité d'encadrer ces possibles, et surtout, selon quelles valeurs? Que souhaitons-nous conserver et modifier de l'espèce humaine?

Je constate aussi que les cerveaux qui (re)pensent l'être humain de demain sont très similaires à ceux qui détiennent le pouvoir depuis toujours. Je me suis donc donné pour défi d'intégrer le cercle des décideurs avec mon bagage, ma bonne foi et une envie profonde de résister aux utopies et aux dystopies.

À cheval entre religion, science, philosophie, urgence environnementale, valorisation de la jeunesse, pression de la maternité, fictions et réalité, je me suis souvent perdue.

J'ai senti le besoin de chercher d'autres voix qui ne sont pas en négation de ce destin technologique, mais qui englobent plusieurs notions oubliées par l'extrême rapidité de ces changements. En créant de nouveaux récits et en encourageant nos imaginaires, la grande penseuse Donna Haraway nous convie à répondre aux temps troubles que nous traversons en les habitant pleinement. « Habiter le trouble » : la seule posture qui me semble réaliste pour le moment. i/O est né de l'envie de répondre à cette invitation.

Dominique Leclerc

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est entièrement dédié à la dramaturgie d’ici. Il supporte la création, la production et la diffusion d’œuvres québécoises et canadiennes d’expression française. Il défend un théâtre d’auteur ainsi qu’une réflexion moderne et sans compromis sur les enjeux contemporains. Y adhérer, c’est laisser sa trace dans l’histoire ; la nôtre, celle qui s’écrit au présent. 

Duo composé des artistes Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, la compagnie Posthumains s'intéresse aux impacts du développement des technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives) sur l’individu et sa société. Leurs projets explorent la forme documentaire au théâtre en incluant autofiction, performance et implication du spectateur. À l'heure où la pensée humaine et l'État peinent à rattraper la vitesse exponentielle de l'évolution technologique, leurs pièces de théâtre, performances et installations créent un lieu de rencontre et de dialogue entre les créateurs de ces nouvelles technologies, leurs utilisateurs, et les néophytes.

LA SERRE est un incubateur structurant pour l’amélioration des conditions d’exercice des artistes émergents en arts vivants. Elle les accompagne dans le déploiement de leurs œuvres à partir de l’idéation jusqu’à leurs rencontres avec les publics. Elle aide l’artiste à développer son autonomie, sa maturité organisationnelle et son indépendance artistique. LA SERRE agit comme activateur de collaborations entre les artistes et les différents partenaires locaux, nationaux et internationaux ainsi qu’entre les artistes de différentes disciplines artistiques et d’autres secteurs d’activités. Artistiquement, LA SERRE privilégie des projets qui tissent des liens évocateurs entre les arts et la société et qui favorisent la rencontre entre les différents champs disciplinaires et sectoriels.

Le mandat de LA SERRE se déploie en trois axes d’activités :

  • Artistes : soutien de projets en production déléguée
  • Événements : conception et production d’événements dédiés à l’émergence
  • Ateliers : espaces de recherche et de collaboration pour la communauté, développement des pratiques

Nouvelle

Publié le 18/11/20

Ne manquez pas la mise en vente des billets de i/O!

Les dates de représentations et de vente des billets de i/O de Dominique Leclerc seront dévoilées au fur et à mesure des autorisations gouvernementales. Inscrivez-vous ici pour en être avisé·e par courriel!

Nouvelle

Publié le 18/11/20

Pour les fêtes, offrez du théâtre en cadeau!

Les cartes-cadeaux sont de retour et s’accompagnent cette année de surprises artistiques envoyées tout au long de l’hiver! À offrir ou pour soi-même, la carte-cadeau est une belle façon de patienter jusqu’au retour en salle et, par la même occasion, de soutenir le théâtre tout en faisant plaisir. 

Nouvelle

Publié le 13/11/20

Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, le duo au coeur de la compagnie Posthumains!

Dirigée par les artistes Patrice Charbonneau-Brunelle et Dominique Leclerc, la compagnie Posthumains s'intéresse aux impacts du développement des technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et sciences cognitives) sur l’individu et sa société. Leurs projets explorent la forme documentaire au théâtre en incluant autofiction, performance et implication du spectateur, pour créer un lieu de rencontre et de dialogue entre les créateurs de ces nouvelles technologies, leurs utilisateurs, et les néophytes.

Médias

Publié le 13/11/20

Dominique Leclerc en entrevue dans Sans filtre!

Lors d'une performance, Dominique Leclerc s'est faite implanter une puce RFID dans la main. Similaires à des cartes magnétiques, ces puces peuvent stocker des données, ouvrir des lumières ou nos ordinateurs... Et c'est une des premières technologies à visée non médicale ou curative qu'il est possible de s'implanter. Est ce que cela fait d'elle une cyborg? Elle revient sur ce vaste sujet dans cette entrevue passionnante avec Rose-Aimée Automne T. Morin! 

RELATIONS DE PRESSE

RuGicomm
(514) 759-0494

PRODUCTION

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui et de Posthumains

en collaboration avec LA SERRE – arts vivants

avec le soutien de : 
Conseil des arts du Canada
Conseil des arts et des lettres du Québec
Conseil des arts de Montréal
L'Office national du film du Canada
Posthumanism Research Institute de Brock University
CEAD - Centre des auteurs dramatiques