Mot du directeur artistique 16/17

DIRECTION ARTISTIQUE
Posons-nous ensemble cette question tout au long de la saison : de quelle solidarité sommes-nous faits ?

MOT DE SAISON 16/17


Choisir la solidarité


Il est temps ici au Québec de regarder notre potentiel en face.

Au-delà de la sauvagerie des opinions, des carences, des solitudes évidentes, au-delà des révoltes passagères, je choisis l’appel à la solidarité. Et je devine, dans ces spectacles de notre saison 16/17, un ardent désir de dialogue.

Au-delà des luttes et des constats impitoyables qui sont exposés, au-delà des portraits si justes tracés par nos auteurs, je choisis de prétendre, avec 2 coups d’avance, qu’il s’agit là d’un désir de conjuguer au présent le dialogue entre les générations.

Je choisis d’y voir entre les lignes la sagesse d’un jeune qui tend la main au prédécesseur. Je choisis d’esquisser dans ce théâtre ce que je souhaite le plus ardemment en dehors de celui-ci : un élan de solidarité.

Il est temps ici au Québec de regarder notre potentiel en face, loin de l’Histoire nostalgique et bien avant la fin du monde. Car entre les deux, il y a nous, forts de nos enseignements, nous, qui devrions maintenant être capables, une fois pour toutes, de regarder la jeunesse en face et de nous laisser convaincre par l’éclat de ses yeux intacts, par son potentiel fiévreux.

Au-delà de ce qu’on entend, je choisis de ne plus écouter les refrains plates des généralités pessimistes et surfaites. Je crois qu’il ne faut plus croire à ce qu’on dit, qui nous endort et entretient des opinions figées.

Et je crois sincèrement qu’on vient au théâtre aujourd’hui pour justement renouveler nos idées. Je crois qu’on vient au théâtre aujourd’hui pour préparer la suite du monde.

Aujourd’hui, je fais un pacte avec moi-même et je propose un pacte entre nous qui prend la forme d’une invitation spontanée : je choisis de miser sur une solidarité que je ne connais peut-être pas encore, mais que je devine clairement au travers des conflits qui animent nos spectacles fulgurants de 16/17, ceux des metteurs en scène Philippe Ducros, Florent Siaud, Édith Patenaude, Alix Dufresne, Patrice Dubois et Maxime Carbonneau.

Posons-nous ensemble cette question tout au long de la saison : de quelle solidarité sommes-nous faits ?

En 16/17, je vous propose donc de voir au-delà de l’ingratitude, du refus de parler, du déficit d’attention généralisé auxquels vous assisterez dans les textes de Jennifer Tremblay, Sébastien David et Étienne Lepage. Au-delà des crises de panique face à l’avenir que vous entendrez dans les textes de Gilles Poulin-Denis, Jean-Philippe Lehoux, Annick Lefebvre, David Paquet et Jean-Denis Beaudoin, je vous propose de regarder notre jeunesse en face.

Au-delà de l’évitement ou de la provocation qu’ils manifesteront sur scène, cherchons plutôt à construire ensemble une solidarité avec les acteurs de demain. Je suis convaincu d’un potentiel réel sur lequel miser avec eux. Davantage qu’un passage obligé, 16/17 est le théâtre qui nous permet d’entrevoir ce potentiel infini avant même que ceux qui sont sur scène ne le nomment ou ne le constatent. En 16/17, je vous convie donc à choisir, avec nous, l’espoir d’une solidarité.

Sylvain Bélanger,
Codirecteur général et directeur artistique

 

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