Mot du directeur artistique

DIRECTION ARTISTIQUE
Le 50e, c’est toujours aujourd’hui.

MOT DE SAISON 18/19

Notre 50e saison est à elle seule une grande conversation, un exercice d’ouverture qui répond à un monde souvent incompréhensible qui prend ses airs de fiction pour nous dérouter.

Dans ce monde-là, ce qui nous importe,
c’est de regarder quelqu’un, d’embrasser quelqu’un, de porter quelqu’un.
Ce qui nous importe, c’est de dire à quelqu’un que nous sommes venus pour lui.
Ce qui nous importe, c’est de se fabriquer chaque jour, des complices.

Des complices de nos idées, des complices de nos projets. Des complices de ce qu’on dit, de ce qu’on veut.
Et qui expriment mieux que nous ce qu’on ne veut plus.

Les auteurs de ce 50e anniversaire sont d’abord et avant tout animés par le désir de se créer leur propre filiation.

Une filiation à retrouver ou à inventer.
Ce qui leur importe, c’est de réaffirmer qu’ils ont besoin de quelqu’un.

Les auteurs de ce 50e anniversaire accourent ici. Ils sont habités par ce qu’ils ont choisi de retenir du passé, pour mieux anticiper l’avenir. Mais cet endroit d’où ils écrivent est plutôt inconfortable. Car le passé disparait un peu tous les jours et l’avenir arrive trop vite. Notre mémoire retient très peu.
Les perspectives ne collent pas.
Les opinions nous divisent et les modes nous distraient.

Les spectacles que vous verrez ici sont provoqués par des moments de panique soudains et des désirs de rassemblement entretenus depuis longtemps. On va courir vers vous pour se cacher, mais les conversations sont de mauvaises cachettes.
Il n’y aura pas d’abri. C’est la saison de tous ceux qui osent rencontrer le vent.

Cette saison du 50e est une succession de détonations spontanées et nécessaires. Non pas celles qu’on déclenche et qui visent à détruire, mais celles qui au contraire appellent à la reconstruction. On ne détruit pas nécessairement ce qui est vieux.

D’ailleurs, l’âge importe peu. Il est relatif.
C’est comme avoir 50 ans. Avoir 50 ans importe peu.

Et ce n’est pas l’année du 50e en elle-même qui est spéciale, ce sont toutes ces journées remplies de conversations qui sont uniques.

Cette saison du 50e est une musique forte du printemps, 274 jours musclés et éphémères, des jours que nous verrons disparaitre rapidement.

Et s’ils ont à passer si vite, comme l’enfance,
s’ils ont à disparaitre derrière nous,
comme les années, s’ils ont à disparaitre
comme les moments extraordinaires qu’on voudrait ne pas regretter, nous sommes aussi bien de les attraper pleinement dès leur apparition.

Les jours du 50e, c’est toujours avec quelqu’un que j’aurai envie de les anticiper, de les passer, de les gaspiller, de les vivre.

Le 50e, c’est toujours aujourd’hui.

Sylvain Bélanger,
Codirecteur général et directeur artistique

 

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