Nassara

Carole Fréchette

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui en coproduction avec le Théâtre des Récréâtrales (Ouagadougou)

Salle Michelle-Rossignol

7 au 25 septembre 2021


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RÉSUMÉ

Ouagadougou, Burkina Faso. Marie-Odile est venue de Montréal pour participer à un colloque international sur l'agriculture urbaine. Assise parmi une dizaine d’intervenant·e·s africain·e·s et européen·ne·s, elle n’arrive pas à rassembler ses idées, bouleversée par un incident étrange survenu la veille et qui a réveillé en elle des douleurs enfouies. Son tour de parole venu, alors qu’elle s’apprête à laisser éclater son trouble, la porte de la salle s’ouvre brusquement et tout bascule.

Le mot nassara signifie le Blanc, la Blanche en moré. L’autrice Carole Fréchette a rapporté de son séjour à Ouagadougou l’émotion particulière provoquée par les enfants qui scandaient ce mot sur son passage. Ces cris joyeux et les contacts furtifs ont été la source de sa pièce, qui s’est développée ensuite par des chemins inattendus. Coproduit par le Théâtre des Récréâtrales de Ouagadougou et mis en scène avec finesse par Sophie Cadieux, ce récit haletant entremêle peines intimes et violence du monde.

texte Carole Fréchette mise en scène Sophie Cadieux interprétation Marie-Thérèse Fortin , Stephie Mazunya , Moussa Sidibé assistance à la mise en scène et régie Stéphanie Capistran-Lalonde scénographie Max-Otto Fauteux costumes Rouquaïya Yerima éclairages Martin Sirois musique originale Ghislain Poirier réalisation vidéo Amadou Diagabaté maquillages et coiffures Justine Denoncourt assistance aux costumes Anne-Sophie Gaudet intégration vidéo Steve Lalonde intégration sonore Jean Gaudreau direction de production Marjorie Bélanger direction technique Simon Cloutier

texte

Carole Fréchette

mise en scène

Sophie Cadieux

interprétation

Marie-Thérèse Fortin

interprétation

Stephie Mazunya

interprétation

Moussa Sidibé

assistance à la mise en scène et régie

Stéphanie Capistran-Lalonde

scénographie

Max-Otto Fauteux

costumes

Rouquaïya Yerima

éclairages

Martin Sirois

musique originale

Ghislain Poirier

réalisation vidéo

Amadou Diagabaté

maquillages et coiffures

Justine Denoncourt

assistance aux costumes

Anne-Sophie Gaudet

intégration vidéo

Steve Lalonde

intégration sonore

Jean Gaudreau

Pure fiction et extrême subjectivité.

Le mot « nassara » désigne le Blanc, la Blanche, en moré, la langue principale parlée au Burkina Faso. Quand on est une femme blanche et qu’on se promène dans les rues de Ouagadougou, il arrive souvent que des enfants scandent « nas-sa-ra! nas-sa-ra! » en nous voyant passer, puis courent vers nous pour nous serrer la main. Cela m’est arrivé plusieurs fois lorsque je suis allée là-bas, en 2014. Je ne sais trop pourquoi, ces contacts furtifs et ce mot répété par les petites voix claires et joyeuses m’ont émue au plus haut point. Ils sont la toute première source de cette pièce, qui a pris forme ensuite par couches successives. 

D’abord a surgi l’image d’une femme, Marie-Odile, venue de Montréal assister à une réunion à Ouagadougou. Sept ou huit personnes assises en cercle. Des Européens et des Africains. Un colloque international sur l’agriculture urbaine. Tout de suite, j’ai imaginé cette femme seule sur le plateau. C’est elle qui fait exister pour nous, à travers le fil de ses pensées,  les autres participants. De gauche à droite, chacun doit se présenter et donner son avis sur le thème de l’atelier. Il n’y a plus que trois personnes avant le tour de parole de Marie-Odile. Elle essaie d’écouter mais elle n’arrive pas à se concentrer, obsédée par le souvenir des enfants qui l’ont entourée dans la rue, la veille, obsédée par les « nas-sa-ra! nas-sa-ra! » qui résonnent dans sa tête et réveillent en elle des douleurs enfouies.  

J’allais bon train, me dirigeant vers l’explosion du drame intime de Marie-Odile au moment où elle prendrait la parole et pendant que je construisais patiemment ce tour de table, un autre personnage rôdait autour de moi, un jeune homme fébrile et menaçant que je tentais de repousser. Je lui disais : tu n’as rien à faire dans cette histoire, je ne suis pas cette sorte d’auteur qui met en scène des garçons comme toi, je n’ai pas ce cran, je n’ai pas cette rage. Mais il insistait et revenait sans cesse. Alors j’ai fini par le laisser entrer dans la salle, entrer dans ma pièce. Plus tard, une troisième voix s’est imposée et le soliloque de départ est finalement devenu trio. Trio pour deux femmes et un homme, avec un chœur invisible.  

Nassara contient ce qui bouillonnait en moi à mon retour du Burkina etqui est toujours là aujourd’hui : les rires des enfants, leurs mains douces, leur beauté qui est l’avenir du monde, le malaise des réunions internationales où chacun joue son rôle dans ce théâtre bien intentionné, l’impatience de la jeunesse, la révolte brute qui n’a pas de nom, ma propre colère qui ne lève jamais le poing, les mains des hommes que j’aime tant, mes peines enfouies, tassées au fil des ans, mes larmes qui ne coulent plus comme avant, le sentiment d’impuissance devant la folie meurtrière qui surgit sur tous les continents et puis l’incommensurable difficulté de faire vivre sur une scène au moins une parcelle de tout cela sans que ça tourne au discours ou aux bons sentiments. 

Je me suis dit souvent, ces dernières années, que la meilleure façon d’aborder, au théâtre, les tourments du monde était sans doute d’aller vers la distance documentaire : aligner les faits, aller à la rencontre des gens, les écouter, les filmer,  donner des statistiques, laisser parler le réel, qui, dans ses aspects les plus  horribles, est cent fois plus puissant que n’importe quel drame inventé.  Et voilà qu’avec Nassara, j’ai fait exactement le contraire : pure fiction et extrême subjectivité, en espérant trouver dans cette plongée vertigineuse une autre forme de vérité. 

Carole Fréchette 

Décomposée/ Recomposée

(Il y a de ces lectures qui sont des chocs, qui nous traversent de bord en bord et qui bousculent notre notion du temps.)

Je me suis assise un après-midi il y a déjà quelques saisons pour lire Nassara. 
Et quelque chose s’est passé, un moment d’humanité. 
Pas de bons ni de méchants, pas de morale. Un instant qui se dilate pour en créer mille possibles.

Voilà bientôt 2 ans que nous travaillons à voir naître le spectacle de Nassara et toujours cette lecture m’habite. 
C’est bien humblement qu’en tant qu’équipe nous allions nos énergies à créer ce maelström.
Un suspense où 3 voix, 3 vies se lient pour raconter. 
Ses voix s’embrassent, se désaccordent, se complètent. 
Elles nuancent le récit sans relâche, changeant le point de vue, la perspective. 
Nassara est une histoire décomposée qui se recompose devant nos yeux. 
Les actrices et l’acteur portent les mots ou sont porté·e·s par eux, on ne saurait trop dire.
La puissance évocatrice de l’écriture de Carole Fréchette est le fil qui lie ceux qui racontent à ceux qui regardent. 
Vous faites partie de l’équation, cher public. 
On vous espère. 

Sophie Cadieux

 

« De l’ocre des rues de Ouagadougou, [Carole Fréchette] a rapporté un texte incandescent et haletant, ciselé comme un diamant. Sa plus récente pièce, Nassara, ouvre de superbe façon la saison du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. »
Stéphanie Morin, La Presse

« Telle une tragédie grecque, Nassara est un va-et-vient admirable entre l’intime et l’universel. La pièce démontre que l’un et l’autre sont indissociables. Elle porte un message de bienveillance et de compréhension mutuelle qui n’a rien de suranné ou de simpliste. »
Mario Cloutier, En toutes lettres

« La toute dernière création de la dramaturge Carole Fréchette, une coproduction du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et du Théâtre des Récréâtrales de Ouagadougou, allie l’intime et le politique dans un récit soutenu par une mise en scène stupéfiante. »
Mégane Desrosiers, Revue Jeu

« L’écriture percutante de Carole Fréchette et la mise en scène sobre et efficace de Sophie Cadieux laissent des images bouleversantes dans les yeux des spectateurs qui ne pourront qu’être séduits par la dure vérité que transmet Nassara. »
Luca Max, Sors-tu.ca

« On quitte ce moment en salle quelque peu éprouvé, mais surtout inspiré et allumé, ce qui est gage d’une démonstration de grand théâtre. »
Gabrielle Deschamps, Passion MTL

« [...] la magie du théâtre est au rendez-vous. » 
Marc-Yvan Coulombe, Les ArtsZé

« Avec une mise en scène sobre et réussie de Sophie Cadieux, Marie-Thérèse Fortin, Stephie Mazunya et Moussa Sidibé (en projection) nous plongent dans un récit qui entremêle peines intimes et violence du monde. »
Micheline Rouette, ARP.MÉDIAS

« Excellente directrice d’acteurs, [Sophie Cadieux] exploite avec bonheur l’immense talent de cette virtuose qu’est Marie-Thérèse Fortin qui offre un véritable master class d’interprétation. » 
Yanik Comeau, Comunik Média / Zone Culture

 

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est entièrement dédié à la dramaturgie d’ici. Depuis plus de cinquante ans, il supporte la création, la production et la diffusion d’œuvres québécoises et canadiennes d’expression française. Il défend un théâtre d’auteur ainsi qu’une réflexion moderne et sans compromis sur les enjeux contemporains.

Adhérer au CTD’A, c’est laisser sa trace dans l’histoire ; la nôtre, celle qui s’écrit au présent. 
 

Le Théâtre des Récréâtrales, théâtre en famille, est un lieu permanent de création, de formation et de diffusion théâtrales à l’usage des artistes burkinabè et internationaux mais également des habitants du quartier. L’ouverture du Théâtre des Récréâtrales répond à quatre objectifs :

  • diversifier et décentraliser les lieux de création et de diffusion théâtrales à Ouagadougou et au Burkina Faso
  • renforcer la porosité du projet des Récréâtrales avec le quartier en associant ses habitants au processus artistique du projet
  • structurer l’accompagnement de la création littéraire et des auteurs au Burkina Faso
  • constituer un répertoire théâtral identifié du grand public et des professionnels, véritable identité artistique du lieu

Critiques

Publié le 13/09/21

Nassara de Carole Fréchette

« De l’ocre des rues de Ouagadougou, [Carole Fréchette] a rapporté un texte incandescent et haletant, ciselé comme un diamant. Sa plus récente pièce, Nassara, ouvre de superbe façon la saison du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. » 

Stéphanie Morin, La Presse

Album

Publié le 07/09/21

Dans une mise en scène de Sophie Cadieux, la distribution de Nassara brille sur les planches du CTD'A! Découvrez la très belle série de photos de Valérie Remise. 

Médias

Publié le 06/09/21

Carole Fréchette en entrevue dans Le Devoir

« C’est relativement facile de mettre des personnages en marche. Mais après, qu’est-ce qui peut arriver ? C’est la question qui tue quand tu es auteur. » Carole Fréchette revient dans Le Devoir sur l'écriture et la création de Nassara. Une entrevue passionnante, à lire! 

Médias

Publié le 02/09/21

Carole Fréchette, Marie-Thérèse Fortin et Stephie Mazunya au micro de Pénélope!

« C'est une rencontre et un choc humain. C'est très riche et c'est Carole Fréchette, donc c'est très bien écrit. » Sur les ondes d'ICI Radio-Canada, l'autrice et les deux comédiennes ont livré une belle entrevue très approfondie, dans la bonne humeur!

Extrait

Publié le 31/08/21 Nassara de Carole Fréchette

« T’as fermé les yeux.
T’as pris un peu de terre dans tes mains.
Tu l’as fait couler sur ton ventre.
Tu voulais plus bouger. 
Tu voulais rester là, pour l’éternité.
Les gens s’étaient approchés, te regardaient, disaient des choses que tu comprenais pas.  »

3900

Publié le 30/08/21

Classe de maitre : Carole Fréchette

Alors que Carole Fréchette signe un retour en force au CTD'A avec sa pièce Nassara, il nous semblait incontournable de lui consacrer une classe de maitre. Pour l'occasion, c'est Tamara Nguyen, jeune artiste en résidence d'écriture au CTD'A et ancienne étudiante de l'autrice à l'École nationale de théâtre qui l'a rencontrée au printemps 2020 et qui nous livre ici son récit.

Album

Publié le 26/08/21

À l'approche de la première, Marie-Thérèse Fortin et Stephie Mazunya travaillent fort en salle de répétitions! Découvrez les en compagnie de Stéphanie Capistran-Lalonde, assistante à la mise en scène, dans cette très belle série photographique de Valérie Remise. 

Album

Publié le 19/08/21

Marie-Thérèse Fortin et Stephie Mazunya sont hypnotisantes sur ces très belles affiches signées Gauthier avec les photographies de Neil Mota! Dans une mise en scène de Sophie Cadieux, les deux comédiennes sont rejointes sur scène par la présence intrigante de Moussa Sidibé.

Extrait

Publié le 12/08/21 Nassara de Carole Fréchette

« Quand il s’est levé ce matin, il pensait que ce serait un jour comme les autres. Il ne savait pas que le feu prendrait en lui ce jour-là, précisément. Il ne savait pas que sa vie allait basculer. »

Nouvelle

Publié le 18/11/20

Une coproduction avec le Théâtre des Récréâtrales!

Pour la création de Nassara, le CTD'A s'associe avec le Théâtre des Récréâtrales! Initiées en 2002, les Récréâtrales sont un festival panafricain d’écriture, de création, de recherche et de diffusion théâtrales. Elles ont lieu tous les deux ans dans la ville de Ouagadougou (Burkina Faso). Depuis 2017, les Récréâtrales se sont dotées d'un lieu permanent, le Théâtre des Récréâtrales, à l’usage des artistes burkinabès et internationaux ainsi que des habitants du quartier.

Nouvelle

Publié le 13/11/20

Carole Fréchette de retour au CTD'A!

Autrice d'une vingtaine de pièce de théâtre et de deux romans, Carole Fréchette est l’une des auteur·trice·s québécois·e·s les plus joué·e·s à travers le monde. Ses textes ont été traduits en vingt langues, et elle a reçu de nombreux prix au Canada comme à l'étranger. Nassara marque son grand retour au CTD’A, lieu dont elle a marqué l'histoire! 

Nouvelle

Publié le 12/11/20

La signification du mot Nassara

Dans certains pays d’Afrique, le mot nassara signifie personne de peau blanche, mais son sens exact varie légérement selon les pays. Par exemple, au Tchad il signifie personne de peau blanche, qu’elle soit chrétienne ou non, tandis qu’en Côte d’Ivoire il fait référence aux personnes de peau blanche de confession non musulmane. 

RELATIONS DE PRESSE

PUBLICATION

Nassara
Carole Fréchette Leméac
12,00$

Disponible à la vente en ligne et à notre bouquinerie. 

PRODUCTION

une création du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui en coproduction avec le Théâtre des Récréâtrales (Ouagadougou)