La pudeur des urinoirs
Essai performatif

Olivier Arteau et Fabien Piché

Une création de Théâtre Kata en coproduction avec le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Vitrine Sur le web

1er volet à partir du 18 mars 2021
2e volet à partir du 25 mars 2021


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RÉSUMÉ

Masculin, féminin, genré, androgyne, maniéré, désinvolte, vulgaire ou pudique, notre corps et nos manières de nous mouvoir sont l’objet de constructions socioculturelles bien ancrées en chacun de nous. Les artistes pluridisciplinaires Olivier Arteau et Fabien Piché s’interrogent sur la honte que l’on peut ressentir face à notre gestuelle.

Dans la vitrine du CTD’A rue Saint-Denis, les deux créateurs ne peuvent se dérober à la vue des passant·e·s et sont soumis au regard du public via une diffusion en direct. Ils mettent à l’épreuve leurs limites physiques et psychologiques dans un essai performatif de longue durée qui explore les différents états du corps. Au cours de deux cycles de plusieurs jours, ils se confinent à deux lieux de vie distincts, ingénieusement conçus par le scénographe Patrice Charbonneau-Brunelle : un tapis roulant et un casier.

Fascinés par les effets de l’épuisement, les deux performeurs cherchent l’espace qu’il nous reste pour exister à l’abri de l’égo et du regard de l’autre et posent la question : nos corps nous appartiennent-ils? La pudeur des urinoirs est une expérience radicale et totale qui mise sur le caractère vital de la solidarité, de la persévérance et de l’écoute pour venir à bout de la honte.

performance et idéation Olivier Arteau, Fabien Piché espace Patrice Charbonneau-Brunelle assistance à la conception de l'espace Wendy Kim Pires kinésiologie Claudia Labrosse nutrition Isabelle Morin direction de production Annie Lalande

performance et idéation

Olivier Arteau

performance et idéation

Fabien Piché

espace

Patrice Charbonneau-Brunelle

assistance à la conception de l'espace

Wendy Kim Pires

direction de production

Annie Lalande

VOLET 1 : TAPIS ROULANT
dès le 18 mars

Ensemble, à tour de rôle, en talons, en sneakers ou pieds nus, ils se font face et marchent, chacun sur un tapis roulant incliné, accumulant des kilomètres sans jamais pouvoir s’atteindre. Symboles visibles de leur effort, ils doivent maintenir allumées - grâce à l'énergie générée par leur marche - des ampoules reliées à leur dispositif.


VOLET 2 : CASIERS
dès le 25 mars

Évoquant une période charnière dans la formation des identités, ils s’enferment dans deux casiers de métal de 6 x 3 x 3,4 pieds. À l’intérieur, ils s’immobilisent, s’ennuient, s’invisibilisent. Des ouvertures permettent toutefois à leurs mains de se toucher et ils peuvent dialoguer de façon intime avec le public grâce à une ligne téléphonique.


Combien de temps vivront-ils sous ces contraintes?

 

DYNAMISER L'INDÉFINI 

Un enfant-bengale sur un patio froid
coudières / jambières / crème solaire / visière
se d’mande ce qu’il a fait au monde pour hériter de tant de pudeur.
S’aveuglant à coup de
papercuts agréables,
l’enfant commencera par marcher en sandale dans le verglas d’juin.
Le petit être se dit désormais qu’il faudra tout désapprendre. 
Y’a rien de plus traître qu’une certitude.
L’utopie est en branle, iel rit à gorge nue. 

C’est tout ce que j’ai réussi à écrire depuis un an.
Sans savoir pourquoi, il s’est développé en moi une soudaine aversion pour le verbe.
Dans un théâtre d’auteur, ça parait mal… 

Mais depuis quelques mois, j’ai le sentiment que les mots circonscrivent trop les idées, les identités, les envies. Qu’il fallait laisser place aux gestes pour tenter de mieux s’indéfinir

La marche est apparue comme une action fertile pour questionner les violences invisibles qui se sont inscrites en moi: toutes ces inadéquations corporelles qui viennent contrecarrer mes désirs et mes élans. L’immobilisme est, paradoxalement, devenu un acte de résistance face à la fixation des idées.

Cet essai met en oeuvre des souhaits sociaux (et artistiques) qui m’habitent depuis longtemps : soit de décélérer (les processus artistiques) et de déperformer (la scène). Ce sont des heures accumulées de contre-productivité pour s’habiter soi, se réapproprier la notion d’instant.

C’est un appel à la désautomatisation des perceptions et des aprioris, à la décolonisation des idéaux et à l’éloge de la multiplicité qui nous permettra d’éclairer un tant soit peu la suite du monde. 
C’est quelques pas vers Utopia Land.
Cet espace à ne jamais définir.

Olivier Arteau


DÉJOUER NOS IMMOBILITÉS

s’il fallait revenir en arrière,
je créerais un bouclier de lumière à la surface de ma peau tendre
j’affirmerais, j’ondulerais,
j’exploserais de gestes
je serais carnaval multiple,
j’attendrais l’incontrôlable,
simplement

mars 2021 - série d’actions pour habiter la vitrine du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui

a) marcher
gravir (une pente à l’infini)
changer (de talons hauts)
générer (de la lumière)

b) s’immobiliser
s’invisibiliser (à vue)
s’enlacer (les mains)
dialoguer (au téléphone, intimement)

a+b) évacuer (nos fluides)
accueillir (l’imprévu)
exister (ensemble)

intention : cette partition sera accomplie jusqu’à l’épuisement des performeurs ou qu’une des tâches soit rendue impossible à réaliser

par cet essai qui déjoue nos intimités
nous prenons le pari de la marche et de l’immobilisme, oui
(une ouverture, une question abyssale)
un espace à remplir, à ameublir
pour tenter de perméabiliser les certitudes

nous choisissons le geste comme un moteur, une mise en action
tel une flamme témoin qui veille
lorsque les combustibles surgissent

serons-nous prêts à accepter l’imprévisible?

nous remercions l’immense soutien du CTD’A
merci à Claudia Labrosse, kinésiologue; Isabelle Morin, nutritionniste; Philippe Lessard Drolet, conseil pour le dispositif lumineux
votre apport à la préparation de ce vertige est inestimable

Fabien Piché

 

ON M'APPELAIT « UNISEXE »

Je n’ai jamais aimé les vestiaires. Il m’a toujours paru excessivement cruel d’exiger que je m’y dévêtisse devant les autres.
J’y deviens concave. J’y deviens un mollusque décarapacé.

Je n’ai jamais aimé courir. Gagner la course m’importe peu. Je l’ai simplement finie trop souvent dernier sous le rire, les cris et les insultes.
Cible à découvert, victime facile.

Je n’ai jamais aimé les urinoirs. Les conventions y sont ambiguës, brouillées entre dévoilement et intimité. Certains parlent, certains disparaissent.
Orgueil, désir, répulsion, gêne.
J’ai longtemps préféré faire pipi assis.

L’invitation à redécouvrir ces lieux à travers une vitrine est pour moi l’opportunité d’exorciser les traces habitant encore mes gestes, ou du moins, de les partager.

De l’élan vers l’autre au ressac sur moi-même, ces mouvements sisyphéens m’immobilisent toujours.

Patrice Charbonneau-Brunelle

 

Théâtre Kata tente de rendre compte de la fragilité de l’humain à travers une dichotomie du corps et de la pensée.  Dans un monde post-factuel, il estime que le geste est vecteur d’une plus grande vérité que les mots. Le rythme infernal et la surabondance d’images témoignent de son goût pour l’excès. Il tente par le biais de processus créatifs intransigeants de remettre en question nos certitudes par l’autodérision. Théâtre Kata est conjointement dirigé par Olivier Arteau et Lucie M. Constantineau. 

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est entièrement dédié à la dramaturgie d’ici. Il supporte la création, la production et la diffusion d’œuvres québécoises et canadiennes d’expression française. Il défend un théâtre d’auteur ainsi qu’une réflexion moderne et sans compromis sur les enjeux contemporains. Y adhérer, c’est laisser sa trace dans l’histoire ; la nôtre, celle qui s’écrit au présent. 

Médias

Publié le 26/03/21

Le 15/18 parle de La pudeur des urinoirs!

Catherine Richer est passée devant la vitrine du CTD'A et a discuté avec Olivier Arteau, en direct depuis son casier! Une chronique à écouter sur cet évènement radical et total, qui mise sur le caractère vital de la solidarité. N'hésitez pas à appeler Olivier Arteau et Fabien Piché au 514 316-0922!

Vidéo

La pudeur des urinoirs : bande-annonce

Dans le premier volet de La pudeur des urinoirs, les deux créateurs Olivier Arteau et Fabien Piché ont marché pendant 72 heures dans la vitrine du CTD'A. Voyez la bande-annonce signée Eliot Laprise!

Album

Publié le 19/03/21

Olivier Arteau et Fabien Piché s'enferment dans la vitrine du CTD'A pour explorer leurs limites physiques et psychologiques. Découvrez la très belle série de photos signées Valérie Remise!

Nouvelle

Publié le 02/03/21

La pudeur des urinoirs : un essai performatif radical signé Olivier Arteau et Fabien Piché!

En coproduction avec Kata, le CTD'A propose dès le 18 mars un essai performatif de longue durée en deux volets, qui interroge notre rapport au corps et à nos gestuelles. Les deux artistes pluridisciplinaires ne peuvent se dérober à la vue des passant·e·s de la rue Saint-Denis et sont soumis au regard du public via une diffusion en direct sur Internet. Ils mettent à l’épreuve leurs limites physiques et psychologiques pour explorer les différents états du corps.

Album

Publié le 02/03/21

Pour La pudeur des urinoirs et Pisser debout sans lever sa jupe, Olivier Arteau et Fabien Piché explorent et interrogent nos corps, nos gestuelles et leurs constructions. Découvrez les deux artistes au travail en salle de répétition dans cette très belle série de photo! 

En savoir plus

Publié le 01/03/21

Une étape préalable à la création de Pisser debout sans lever sa jupe

Le rapport au corps et à la honte était d'abord au coeur de la préparation de Pisser debout sans lever sa jupe, deuxième projet en résidence à la salle Jean-Claude-Germain d'Olivier Arteau. Face à l'impossibilité d'accueillir du public en salle, l'artiste propose La pudeur des urinoirs, préalable radical à cette future création qui verra le jour dès que possible! 

CTD'A

Publié le 06/05/19

Olivier Arteau, en résidence à la salle Jean-Claude-Germain

Artiste interdisciplinaire formé en jeu et en danse, Olivier Arteau est à la fois auteur, metteur en scène et chorégraphe. Il est artiste en résidence à la salle Jean-Claude-Germain pour les saisons 19/20 et 20/21.

TARIFS

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Une création de Théâtre Kata en coproduction avec le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui