Les filles du Saint-Laurent

Rébecca Déraspe en collaboration avec Annick Lefebvre

une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en coproduction avec La Colline – théâtre national

Salle Michelle-Rossignol

18 janvier au 12 février 2022


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RÉSUMÉ

Un soir, de Côteau-du-Lac à Blanc-Sablon, de Rimouski à Grandes-Bergeronnes, les vagues du fleuve Saint-Laurent se déchainent, aux prises avec des rafales qui ne laissent personne indemne. Sept cadavres sont recrachés sur ses berges. Sept corps non identifiés, non réclamés que croisent au détour d’une marche, d’une course ou d’un baiser Élodie, Rose, Dora, Charlotte, Martin, Lili, Mathilde, Manon et Anne. Le choc de cette découverte les entraine dans une lutte avec leur propre histoire qui les amènera à faire acte de vie. Ou de survie. 

Rébecca Déraspe s’allie à l’autrice Annick Lefebvre et à la metteuse en scène Alexia Bürger pour nous livrer une œuvre inscrite dans les vastes profondeurs du fleuve. Les filles du Saint-Laurent est une fresque chorale sensible et tragique, singulièrement drôle et violemment humaine, au cours de laquelle la multiplicité des voix fait face à l’intime et au joyau fragile qu’est chaque existence. 

idée originale et texte Rébecca Déraspe idée originale et collaboration au texte Annick Lefebvre mise en scène Alexia Bürger interprétation Annie Darisse , Marie-Thérèse Fortin , Ariel Ifergan , Louise Laprade , Gabrielle Lessard , Marie-Ève Milot , Émilie Monnet , Catherine Trudeau , Elkahna Talbi , Tatiana Zinga Botao assistance à la mise en scène et régie Stéphanie Capistran-Lalonde scénographie Simon Guilbault costumes Julie Charland éclairages Marc Parent musique Philippe Brault accessoires Julie Measroch maquillages et coiffures Angelo Barsetti conseil au mouvement Wynn Holmes assistance aux costumes Yso direction de production Marjorie Bélanger direction technique Simon Cloutier

idée originale et texte

Rébecca Déraspe

idée originale et collaboration au texte

Annick Lefebvre

mise en scène

Alexia Bürger

interprétation

Annie Darisse

interprétation

Marie-Thérèse Fortin

interprétation

Ariel Ifergan

interprétation

Louise Laprade

interprétation

Gabrielle Lessard

interprétation

Marie-Ève Milot

interprétation

Émilie Monnet

interprétation

Catherine Trudeau

interprétation

Elkahna Talbi

interprétation

Tatiana Zinga Botao

assistance à la mise en scène et régie

Stéphanie Capistran-Lalonde

scénographie

Simon Guilbault

costumes

Julie Charland

éclairages

Marc Parent

musique

Philippe Brault

accessoires

Julie Measroch

maquillages et coiffures

Angelo Barsetti

conseil au mouvement

Wynn Holmes

assistance aux costumes

Yso

L’ÉTAT DE CHOC 

Grandir sur les berges du fleuve Saint-Laurent, c’est se lier à lui pour toujours. C’est le chercher dans chaque nouvel espace, dans chaque racoin du monde. Parfois, je le vois comme une grande veine qui fait battre le ventre du Québec. D’autres fois, je l’imagine plutôt comme une colonne vertébrale supportant le territoire de mon pays (et un peu celui de mon corps aussi). Le fleuve Saint-Laurent est fait de vies, il est indomptable par grands vents, aussi puissant que fragile. Il faut le voir la nuit quand de ses contours sombres surgissent nos peurs enfouies. Il faut plonger son corps dans son eau glaciale pour sentir sa puissance. Il faut affronter le vertige qu’il provoque quand on prend le temps d’écouter le ressac de ses vagues. Ce fleuve Saint-Laurent fait partie du territoire du Québec, il le traverse, le raconte, l’organise. Il le scinde, surtout. Le sud, le nord. L’est, l’ouest. 

J’ai osé lui confier le pire. J’ai espéré beaucoup. Qu’il m’absorbe. Qu’il me guérisse. Qu’il me noie. Qu’il m’apprenne. Que sa splendeur m’étreigne. Mais la criante urgence des choses, de la vie qui s’organise autrement, m’en a éloignée. Le bruit et l’odeur de toutes ces voitures qui doivent se rendre quelque part, les rues qui tracent la ville, les millions de visages qui l’habitent, toutes ces vies ont remplacé l’immensité de mon fleuve. Mais chaque été, comme la promesse d’une réparation, j’y retourne. Et chaque été, je sais que le jour où j’écrirai pour lui viendra. 

Et ce jour, il est arrivé sous la forme d’une main tendue. Celle d’Annick Lefebvre. Quand elle m’a invitée à écrire à ses côtés autour de ce fleuve, j’en ai bien sûr été fort touchée. Quand elle m’a parlé des femmes grandioses avec qui elle voulait travailler, j’ai su que ce texte, que ce spectacle, que ces rencontres, n’allaient pouvoir qu’être absolument et résolument fertiles. Parce que ces femmes sur scène sont toutes aussi magistrales que le fleuve Saint-Laurent. Elles le sont profondément. Mais écrire pour une brochette de dix actrices, c’est aussi chercher à faire résonner l’intime dans le collectif. C’est faire imbriquer des paroles, des parcours d’humaines qui deviennent le nôtre, qui deviennent le nous tou·te·s. 

Les femmes de la pièce sont toutes en état de choc. Un peu comme moi. Un peu comme nous. La pandémie nous a tou·te·s freiné·e·s dans une continuité jamais vraiment remise en question. Subitement, la mort avait préséance sur la vie. Ces femmes qui trouvent des cadavres me ramènent à mon propre saisissement. Au nôtre. Mais est-ce que la mort, celle qui surgit parfois sans avertir, peut réveiller le bruissement saisissant de la vie ? 

En tout cas, je l’espère. 

En tout cas, je l’espère très fort. 

Rébecca Déraspe

 

FAIRE CHUCHOTER L’IMMENSITÉ

« Annick Lefebvre écrit des pièces de théâtre fleuves, des statuts Facebook fleuves, des messages fleuves à ses ami·e·s sur Messenger…» Depuis que je sais écrire, à côté de tout ce qui me sort de la plume ou du clavier, on colle le mot « fleuve ». Et c’est tout à fait juste de le faire. En-dedans de moi, ils coulent, naturellement, les mots. Même qu’ils coulent avec un débit considérable. C’est cliché de l’affirmer, mais c’est comme ça. C’est une histoire de vagues, de tempêtes, et de ressacs, l’écriture, pour moi. C’est inventorier – et peut-être même aussi magnifier – les trésors insoupçonnés qui s’échouent sur les berges. Mais c’est rarement une balade en ponton, mettons! Ça n’a absolument rien à voir avec un pique-nique bucolique sur chacun son paddleboard! Ça prend du vent. Beaucoup. Des bourrasques du tabarnack. Si possible. Ça prend un risque de noyade. Un danger inhérent. Aussi. Souvent. Pourtant, jusqu’à maintenant, presque jamais ma tête, mes bras, mon bassin, mon sexe et mes jambes n’avaient pris la peine d’aller se planter concrètement devant le fleuve Saint-Laurent. J’avoue ne pas savoir quoi faire de mon corps, devant les mystères, les violences et les splendeurs du fleuve. C’est pour ça qu’il m’attire autant, le fleuve. C’est pour ça qu’il me répulse assurément, le fleuve. Or, lorsque qu’avec Rébecca Déraspe, nous avons élaboré les prémisses de ce qui allait devenir Les filles du Saint-Laurent, j’ai eu le réflexe de le faire. D’aller planter ma tête, mes bras, mon bassin, mon sexe et mes jambes devant l’immensité du fleuve. Me mesurer à ce qui nous divise autant qu’à ce qui nous relie. Et ce que ça a fait naître, en moi, c’est un silence. Un silence trouble – voire troublant. Ce que ça a fait naître, en moi, c’est la conviction que de donner la parole au fleuve Saint-Laurent ne pouvait pas se faire dans un tourbillon de mots. Je sais pertinemment que ce qu’on attend d’une autrice fleuve qui donne la parole au fleuve, c’est qu’elle se lance dans un récit fleuve. Dans une tornade dramaturgique de pas de câlisse de bon sens. Mais ce que j’ai entre autres appris, dans les rouages de cette création, c’est que l’eau du fleuve, pour que nous puissions l’absorber et qu’elle nous soit bénéfique, il faut préalablement avoir eu la délicatesse de la filtrer, de la distiller. Alors j’ai soumis mon écriture à cet exercice désarçonnant. Pour faire chuchoter l’immensité. Et, surtout, pour permettre à son filet de voix de s’immiscer dans la fresque humaine d’une beauté indicible que Rébecca a mis en mots et en émotions avec maîtrise, éclat et brio. 

Annick Lefebvre

 

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est entièrement dédié à la dramaturgie d’ici. Depuis plus de cinquante ans, il supporte la création, la production et la diffusion d’œuvres québécoises et canadiennes d’expression française. Il défend un théâtre d’auteur ainsi qu’une réflexion moderne et sans compromis sur les enjeux contemporains.

Adhérer au CTD’A, c’est laisser sa trace dans l’histoire ; la nôtre, celle qui s’écrit au présent. 
 

La Colline – théâtre national a célébré en janvier 2018 son 30e anniversaire. Dirigée par l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad, La Colline consacre sa programmation aux écritures d’aujourd’hui, dans un projet qui prône l'hospitalité, ouvert aux diversités et à la jeunesse.

Dernier né des théâtres nationaux dédiés à l’art dramatique, La Colline est l’une des premières institutions culturelles à s’être implantée dans l’Est parisien. Dès sa création, le théâtre a fondé son identité sur la présentation d’œuvres du répertoire théâtral contemporain.

Aujourd’hui, La Colline présente chaque année entre 12 et 20 spectacles dans ses deux salles : principalement des productions et des coproductions, avec une ouverture à l’international en accueillant des spectacles présentés en langue étrangère surtitrés.
 
Outre la création et la diffusion d’œuvres contemporaines, La Colline poursuit une mission de service public visant à ouvrir le théâtre au plus grand nombre, et à favoriser la découverte des écritures contemporaines aux publics dans toute leur diversité.

Médias

Publié le 27/09/21

Alexia Bürger en entrevue dans La Presse pour la création des Filles du Saint-Laurent!

« Lorsque j’ai été contactée pour me joindre au projet, les actrices avaient déjà été choisies par les autrices et j’ai été époustouflée devant tous ces noms, nous confie Alexia Bürger. Ce sont toutes de grandes interprètes avec des origines, des âges, des présences sur scène différentes. [...] Dans ce groupe, il y a une cohésion comme j’en ai rarement vu. » La metteuse en scène Alexia Bürger est en entrevue dans les colonnes de La Presse pour vous en dire plus sur la création du spectacle! 

Nouvelle

Publié le 27/09/21

Rébecca Déraspe s'associe à Annick Lefebvre pour Les filles du Saint-Laurent!

Fascinée par le fleuve Saint-Laurent au bord duquel elle a grandi, Rébecca Déraspe (que le public du CTD'A connait bien!) reprend sa plume délicieusement affutée pour lui rendre hommage. Avec la collaboration d'Annick Lefebvre, elle livre une oeuvre puissante, inscrite dans les vastes profondeurs du fleuve.

Nouvelle

Publié le 27/09/21

Alexia Bürger de retour au CTD'A!

Pour la mise en scène du spectacle Les filles du Saint-Laurent, on est très heureux de renouer avec celle qui fut artiste associée au CTD'A de 2013 à 2018! Alexia Bürger est de retour à la salle Michelle-Rossignol, près de quatre ans après la création des Hardings, qui lui avait valu le Prix écriture dramatique de la saison 17/18. 

Nouvelle

Publié le 27/09/21

Une distribution impressionnante pour Les filles du Saint-Laurent!

C'est une distribution presque toute féminine que dirige Alexia Bürger pour ce spectacle! Annie Darisse, Marie-Thérèse Fortin, Ariel Ifergan, Louise Laprade, Gabrielle Lessard, Marie-Ève Milot, Émilie Monnet, Elkahna Talbi, Catherine Trudeau et Tatiana Zinga Botao mettent leur talent au service de cette toute nouvelle création.

Nouvelle

Publié le 27/09/21

Les filles du Saint-Laurent : une coproduction avec La Colline - théâtre national (Paris)!

C'est avec beaucoup de bonheur que nous nous associons à nouveau à La Colline - théâtre national! Toute l'équipe répète en ce moment à Montréal avant de s'envoler vers ce théâtre dirigé par Wajdi Mouawad pour y présenter le spectacle du 4 au 21 novembre. L'équipe sera ensuite à la salle Michelle-Rossignol du 18 janvier au 12 février!

TARIFS

30 ans et - 29,75 $
60 ans et + 35,75 $
Régulier 39,75 $

ACCESSIBILITÉ

 
Les places réservées pour les personnes à mobilité réduite et leur accompagnateur·trice n’apparaissent pas sur le plan de salle. Veuillez téléphoner à la billetterie pour connaitre les disponibilités (514 282-3900). 

RELATIONS DE PRESSE

RuGicomm
Véronique Gravel 

(514) 759-0494

Communiqué de presse

PUBLIC SCOLAIRE

Nous proposons un tarif réduit à 20$ pour les groupes de 20 étudiant·e·s ou plus. Toutes les informations sont disponibles ici.

Niveaux scolaires : secondaire 2e cycle, collégial, universitaire.

Un dossier pédagogique sera disponible sous peu. 

Pour toute réservation, merci de contacter Luc Brien.

EN TOURNÉE

4 au 21 novembre 2021
Paris, France
La Colline - théâtre national

PRODUCTION

une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en coproduction avec La Colline – théâtre national